L'Annapurna Base Camp est un des plus beau trek du monde, selon le Lonely Planet. Un bon dix jours passé dans les montagnes, dans les forêts de rhododendrons, dans la jungles, sur les pics (modestes) hymalayens et surtout, surtout, dans la cuve créée par plus de six monts de 8 000 mètres, là où se situe le camp de base de l'Annapurna.
| l'Hymalaya vue au petit matin |
À mon habitude, j'ai fait les choses à ma tête. J'y suis donc allée dans la pire saison, celle où généralement les deux derniers jours avant d'arriver au base camp sont bloqués car il y a plus d'un mètre de neige... et de grands risques d'avalanches. Toutes les personnes rencontrées venant dans le sens inverse avaient rebroussés chemin à Deureli, le dernier village avant l'A.B.C. Ils prétendaient que l'accès y était impossible de par les risques d'hiver.
C'est donc munie de mon sac-à-dos de dix kilos de vêtements chauds et accompagnée par Basu, mon guide formidable, que nous avons entrepris l'ascension jusqu'à 4 190 mètres. C'est pas tant que ça, direz-vous; et pourtant, ils furent nettement plus durs que ceux connus au Pérou. Était-ce dû au climat hivernal, à la charme sur mon dos, aux 7h de trek hebdomadaires en escaliers (soient montants ou descendant)? Reste que ce fût le trek le plus difficile et le plus beau de mon existence.
Viens avec l'altitude les symptômes auxquels mon Dieu, je finis par m'attacher:
- Les mains qui enflent et-ou angourdissent
- Les petites grafignes qui ne cicatrisent JAMAIS
- Les maux de têtes-coeur-digestifs
- Perte d'appétit et de sommeil
- L’essoufflement rapide
- Les questions: pourquoi suis-je donc ici?
- La vue à couper le souffle de n'importe qui
- L'incommensurable satisfaction d'y être arrivé.
Aussi, faire l'A.B.C. en février, c'est:
- Avoir les sentiers à toi (très peu de touristes, sauf quelques groupes sympa de Chinois et Koréens. Je me suis fait plusieurs potes asiatiques, c'était chouette!)
- Voir le début de l'éclosion des rodhodendrons
- Voir des singes à tout bout de champ qui te suivent de haut
- Voir des envolées de perruches vertes fluo à queue jaune
- Se voir le chemin bloqué par des buffalos évachés au soleil
- Avoir une journée de repos forcée par la tempête de neige-pluie-neige-pluie et, par la même occasion, lire un roman arlequin indien, très spirituel
- Voir des avalanches
- Boire les thé les plus réconfortants du monde
- Avoir l'Hymalaya dans face, que pour soir
| Forêt de rodhodendrons |
Bref, ça permet de réfléchir énormément, d'appendre un peu de Népali et de Sanskrit, de faire le point sur bien des aspects de sa vie et d'avancer d'un bon pas. Ca permet de mettre à l'épreuve ses épaules, son dos, ses jambes, ses (maudits) genoux, sa volonté et de repousser les limites du merveilleux.
| Anne-Ma qui traverse une avalanche |
| La Anne-Ma au top, et ben contente de l'être! |
, je pars en retraite de 10 jours au centre de méditation Vipassana. Mon initiation en intensif à la méditation! Je te tiendrai au courant, cher public!
p.s. ça fait réfléchir lorsque tu croises un couple de Japonais retraités qui sont heureux de te croiser sur l'Hymalaya, et qui répondes à ta question "pourquoi le Népal" par "C'est notre plus grand rêve à tous les deux" et que tu réponds "Eh, moi aussi!".
De voir qu'à 21 ans, j'ai le pouvoir de réaliser mes plus grands rêves, ceux que certains ne pourront jamais faire... Et après j'ose me plaindre d'un mal de genoux? FUCK!