vendredi 28 septembre 2012

détox

C'est lorsque tu es loin et exposé à de multiples sources de contamination étrangères que la concoction d'un bon petit jus détox prend tout son sens. En effet, mon corps m'en a fait ressentir le besoin que je lui crée un petit quelque chose de spécial. Voici donc la couleur qu'a prise notre mercredi de cette semaine!

- 4 pommes à jus épluchées
- 2 pamplemousses blancs avec pulpe
- 1 racine de Yacón, grosseur moyenne
- 2 limes
- 1 petite banane
- 1 c. à soupe de pâte de gingembre moulu

Certes, la couleur peut sembler peu attrayante. Cependant, le goût est agréable, et l'effet encore davantage!

mercredi 26 septembre 2012

superaliments péruviens


Cusco, la ville-touriste, la ville nombril du Pérou, la ville petites lumières et pavés de roches polies. On y trouve tout ce que l’on ne retrouve pas à Lima; le soleil, la chaleur, la santé, la propreté, la diversité. Tout les petits, proches, beaux et attirants. Dont cette affiche que j’ai croisé et qui m’a appelé; cours sur les super-aliments – raw food.
Alors a jailli du fond de mes tripes un mouvement que je ne pouvais retenir; l’appel d’une ancienne passion laissée de côté par obligation. L’alimentation vivante, OUI! L’expression à elle seule me faisait un bien fou.
Une demi-heure plus tard, j’avais les fesses posées sur le tabouret du petit local vitré et devant moi, un Espagnol qui nous expliquait, en anglais, les différents super-aliments du Pérou. Ce n’est pas parce que les Péruviens ne se nourrissent que de patates, riz et poulet qu’il n’y a pas autre chose! Leur terre et leur culture est riche; les aliments médicinaux sont peu coûteux et accessible. Voici un aperçu de la liste de ceux que nous avons exploré :
-          Le Maca: plante qui ne pousse qu'en altitude, formidable pour l'organisme. Elle favorise l'adaptation du corps aux situations étrangères, stimule le système immunitaire, tonifie l'organisme, soulage le stress. Elle régule également les hormones et favorise la fertilité.
-          Le Yacon; racine dont la principale fonction est d’être riche en prébiotique. En effet, c’est un sucre qui ne se transforme pas en glucide, mais que les probiotiques de notre système digestif dévorent afin de se renforcer. C’est également un édulcorant naturel excellent. Il possède un goût de pomme et permet l’absorption optimale des minéraux.
-          Le cacao; source de magnésium et d’ion incroyable lorsque consommé cru et sans sucre raffiné. Il augmente le taux d’hémoglobines et donc favorise le bon fonctionnement du cœur.
-          La coca; lorsque consommée en feuille non bouillie, extrêmement riche en calcium, vitamine A, C, et D. Contient également 20% de protéine, soit 5% de plus que la plupart des types de viande.
-          Noix de coco ; on le connait, cet ingrédient miracle. C’est bon pour tout; pour la peau, pour le système immunitaire, pour le sang, c’est un antiviral incroyable, est bon pour la fertilité, etc. S’en passer serait un crime!
-          Incaberries (cerises de terre); contiennent autant de protéines que la viande, soit 16%. Aide à l’acclimatation et à l’adaptation  physique et émotionnelle d’une personne à un nouvel environnement. C’est une grande source de beta-carotène.
La plupart de ceux-ci se trouve au marché du bas de ma rue. Dire qu’il ma, fallu deux mois pour m’en rendre compte serait honteux, donc je ne le dirai pas.
Cependant, mes smoothies du mercredi risquent de changer de couleur!

Maca, racine qui se vend en poudre. Une petite cuillère tous les matins et hop! Mes journées à Lima en deviennent moins grises

Je ne sais pas ce qu'est la spiritualité.
Une chose est sûre, nous la ressentons chacun à notre façon. Certains la vivent en ermitage, d'autres en secte, d'autres à genoux devant une croix.
Ma spiritualité à moi, elle se vit les jambes couvertes de poussière, vêtue de bas de laines et de bottillons. Elle se vit devant l'immensité du monde, devant tout ce que celui-ci a de plus grand à offrir. Elle peut se vivre ici, à 5000 mètres d'altitude,  sur une roche de bord de lac bleu formé par l'eau des deux glaciers qui le bordent. Elle peut se vivre à travers ce vent des hauteurs cette rumeur de l'eau qui souri à la chaleur crue des rayons du soleil.
Cependant, c'est dans ces conditions que je réalise qu'elle peut également se vivre assise sur un bout de trottoir à Time square devant le spectacle grandiose des lumières multicolores et les panneaux publicitaires envahissants. Qu'elle peut également se vivre sur un banc de parc en observant les canards ou assise sur son balcon devant le mystère de la rue.
En fait, tout dépend du regard de celui qui la vit; tout dépend de son approche, son ouverture d'esprit, sa réceptivité. Tout dépend de la largeur à laquelle il est prêt à ouvrir les bras pour accueillir l'immensité du monde. Non?

Aguas Calientes

Aguas Calientes est une ville impressionnante dans sa manière d'être construite n'importe comment. C'est une ville de non-sens; les Péruviens y sont rares, les restaurants et les boutiques semblent empilés ce, toutomme une pile de livre négligée dans le coin d'un salon. La cité est construite de manière anarchique. Tout est un peu croche et inattendu. Ce désordre sympathique est ceinturé par des façades immenses, forteresses d'arbres et de roc de plus d'une soixantaine de mètres de haut. Les gens y passent rarement plus d'une soirée: elle est la halte pré-Macchu Pichu, la seule et unique. Elle doit son nom d'eaux chaudes aux bassins thermiques situés à proximité; ceux-ci paraissent cependant d'une monotonie et d'un manque d'intérêt impressionnant.
Cette ville m'a donc laissé perplexe de A à Z.


Qu'il n'y a pas de crise indentitaire

Lâcher prise.
C’est pas parce que le sommet du monde est sous mes pieds que je peux ne pas chercher à aller plus haut. Les rivières soulent sans se dire qu’elles sont les premières à le faire. Les églises se construisent sans se dire qu’il en existe de plus grandes. Les oiseaux volent sans se préoccuper des avions.
Lâcher prise, lâcher prise.
Comme des millions de peuples l’ont fait avant moi. Des millions de peuple, en commençant par celui Inca. « C’est cela qui les aura mené à leur perte » dira-t-on. Le truc, c’est que le peuple inca n’est pas perdu. Oui, certes, il a réagi avec passivité à l’envahissement des Espagnols. Oui, certes, peut-être s’est-il laissé marcher sur les pieds. Pourtant, aujourd’hui encore, il possède des pieds embottinés. Il este fort malgré tout, malgré le poids du monde sur ses épaules, malgré sa langue que l’on tente de taire malgré le vent des montagnes qui fouette son visage et le froid de l’altitude qui gerce ses joues. Il este droit malgré les minières malgré l’invasion publicitaire malgré sa commercialisation malgré sa prostitution touristique, fourrer une barre de fer où est le plaisir, on s’u fait mal, on s’y heurte, on se tanne et elle, elle reste là. Vivante et meurtrie et vivante.
Lâcher prise est une chose. Choisir son combat en est une autre.

Que je lis moins - La Lenteur -

L’affaire, avec La lenteur, de Kundera, c’est qu’il est impossible de prendre son temps pour le lire, de le faire lentement. Ironique, non?
Ce livre est un bonbon saveur perception. En effet, il met en lumière de petits détails qui nous échappent, nous fait voir les scènes sous un angles différent, avec une manière de s’exprimer simplement délicieuse. Il sollicite son lecteur de manière implicite, de sorte que celui-ci n’a d’autres choix que de se créer une opinion sur le sujet de la perception et de l’évaluer avec un regard éthique sous toutes ses formes.
Voilà pourquoi il est si difficile de se détacher le nez du livre; le lecteur veut certifier son processus de réflexion, veut valider sa pensée. C’est un page turner intellectuel, sans pour autant dégouliner de philosophie.
à découvrir, lorsque nous souhaitons prendre une pause de notre quotidien pour réfléchir un peu, sans s’imposer le mal de crâne!
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Que j'aime moins les fruits!

Nos mercredis-jus, plaisir hebdomadaire loin de se taire.
Hier c’était en vedette “C’est Noel tous les jours”. Dans l’équipe des verts nous avions monsieur Avocat, Monsieur Épinard et Madame banane. Du côté des rouges, c’était les enfants Fraises en vedettes, avec Madame Cocona (une sorte de tomate) et, toujours si médiatrice, Madame Banane encore une fois.
C’est pas parce que je suis ici que j’aime moins les jus, et que je m’empêcherai d’en faire!

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Miraflores


Miraflores, une oasis à touristes au beau milieu d'une ville-désert. Lima est une grande ville chaotique divisée en de multiples quartiers, et Miraflores me semble le plus impersonnel de tous. Il borde l'océan Pacifique dans tout son snobisme, de haut de sa petite falaise qui ne semble servir qu'à augmenter les prix des restaurants qui le borde. Miraflores est probablement un des seuls endroits au Pérou où il est possible d'acheter des pantalons Guess en regardant l'océan.
Miraflores est un décor monté pour plaire. Les parcs sont aménagés pour une clientèle spécifique; parcs d’amoureux, parcs gais, parcs familiaux, parcs d’étudiants. Parcs surréalistes pour une ville construite dans un désert, parc où il est impossible de toucher l’herbe – elle aussi, est gardée par des agents de sécurité – une beauté inaccessible, une de plus. À l’image de son nom, non?
En manque d'Amérique? Un petit café avenue Aréquipa vous procurera immédiatement la sensation d'être sur la Saint-Denis un jour de brume. De par les prix, le menu, le décor du restaurant mais surtout, de par les gens que tu vois passer dans la rue (une minorité péruvienne, disons-le), on se demande bien dans quel pays nous sommes. Les gens sur la rue parlent allemand, anglais, espagnol (avec tous les accents imaginables), français. Boivent des espressos courts à sept soles et des salades chlorifiées, exhibent des sacs de magasinage de grandes surfaces se paies des tours de parapentes à soixantes piasses le dix minutes pour voir les édifices d'un autre angle se plaignent de maux de ventre - les tomates, elles, n'étaient pas chlorifiées - et portent des vêtements de style américain faits en Chine achetés au Pérou. L'odeur de l'argent flotte dans l'air des rues comme une odeur de poisson; qui vous colle à la peau, vous rappelle que vous aussi, malgré votre dédain du toursime, êtes également gringo. C'est fou comme on peut se sentir au-dessus de tout alors qu'au fond, ce n'est que le reflet de notre réalité. Non?
Oui mais moi, oui. Toi.
Miraflores, endroit spacio-culturelle, endroit que nous pouvons retrouver partout, dans chaque ville du monde, à sa façon.

Chifa food


Les restaurants chifa à Lima; immanquables. Ils sont partout, parsème les rues de leurs parfums de caldo (bouillon) de poulet, tête de poisson et maïs. Les effluves de riz frits et de limes s’y mélangent afin d’assurer une quantité gênante de bave en bouche chez ceux qui oseront s’aventurer en face du commerce.
Pourquoi? Pourquoi tant de Chifa et si peu d’italien, de créole, de haïtiens, d’africain?
La raison est plutôt simple. Depuis la fin du dix-neuvième siècle, une grande communauté chinoise est venue s’installée au Pérou, comme travailleurs, pour ne pas dire esclaves. Pendant que les Africains suaient au service des Américains, les chinois tentaient de préserver leur culture au Pérou en composant avec les produits locaux. Toujours à la recherche d’une meilleure qualité de vie, comme pour chaque personne immigrante. Apparemment que ceux-ci seraient même impliqué dans la crise du Sentier lumineux, en 1980 mais ça… c’est une autre histoire.
Des rumeurs disent que le terme Chifa Serait basé sur les mots « Chi », soit Riz en chinois, et « Faan », soit manger. Les péruviens auraient associé ces deux mots pour former l’expression courante Chifa.
Le restaurant où je vis est un de ceux-là. Le menu comporte quatre choix, dont deux que je n’ai encore jamais vue en deux mois. Les plus grands vendeurs : le caldo de galliano (bouillon de poulet) servi avec pâtes et œuf dûr, et l’aeropuerto, soit un riz frit avec poulet, saucisse et nouilles sautés dans le Wok. Véritables délices!
Ma mission : découvrir le secret du caldo de ma mère… J’ai une piste intéressante qui s’appelle gingembre, mais il reste encore trop d’inconnues dans mon équation pour être en mesure de la répéter au Québec… Je suis pas inquiète, il me reste trois mois et demi pour les découvrir!  

Que je coure pas


Cinq kilomètres, ça n’use pas grands souliers. Cependant, cinq kilomètres marchés par quelques centaines de personnes, ça use un pavé. Ce matin, nous étions environ 300 à courir un petit « marathon » (ici, tout ce qui nécessite un chandail particulier et une ligne d’arrivée est nommé marathon) en soutien à une cause universelle, le syndrome down. En effet, la trisomie 21 est présente partout dans le monde. En 2009, lorsque je travaillais dans une maison de répits pour personnes handicapées, j’étais loin de me douter que trois ans plus tard, j’allais courir au Pérou parmi des jeunes comme ceux avec lesquels je travaillais. Bon, la peau est un peu plus foncée, mais la différence est à peine notable. Outre cela, les jeunes sont pareils, comme une identité propre, peu importe où l’on se trouve sur la planète.
Je me suis inscrite à la course en début de semaine, en le voyant comme un défi personnel et une belle action. J’y ai repensé toute la semaine en me disant :  « voyons, tu n’es pas prête, tu ne t’es pas entraînée depuis que tu es au Pérou, l’air est tellement différent, tellement polluée, tu vas souffrir! Et puis tu n’as même pas tes souliers! » Voilà pourquoi, en position de départ, je me suis placée à la toute fin et, sans m’en apercevoir, m’étais mise juste avant les mamans et leurs poucettes. Une fois la détonation sonnée, j’ai slalomé entre les papas et leurs enfants, entre les vélos roses d’enfants, entre les jeunes adolescentes en patins à roues alignées jusqu’à la ligne des jeunes de ma catégorie d’âge, tous écouteurs sur les oreilles. Je voyais à l’avant la rangée des joueurs de soccer au cardio d’enfer, aux rares Péruviens avec des jambes plus grandes que mon corps entier et finalement, au loin je voyais la ligne de crinqués  qui se démenaient en grand. J’avais pour seul objectif de le faire en entier à la course; bien petit objectif, mais avec les conditions d’ici, je me suis montrée indulgente envers moi-même.
Je ne dévoilerai pas mon temps de course, je souhaite que vous regarder encore dans les yeux la prochaine fois que nous nous verrons. Cependant, je peux affirmé que je possède un magnifique médaille de participation en main et que j’ai éprouvé un sentiment d’appartenance fort en voyant les grandes bouches aux petites lèvres minces et aux joues gonflées des jeunes lors de cette journée prévue en leur honneur. Parce que cette innocence-trésor que possèdent les jeunes personnes trisomiques est une des plus belles choses de la terre et ça, il n’y a aucun médicament pour le faire taire. Psdg.org.pe
Oh, et je crois que je vais continuer d’aller courir… Peut-être qu’ainsi je divulguerai mon temps de la course d’octobre!

Qu'il n'y a pas (encore) d'histoire de pavés.


J’ai les jambes faites pour marcher pis le coeur ben pompé, ça l’air. Je suis c’te genre de personne-là qui a les convictions ben pognées entre les mains pis le cœur, quelque part à la hauteur des coudes, probablement.
C’est pas ta ville c’est pas ton mandat c’est pas ton problème.
Pardon?
Comment peut-on décider que la mise en vente par la ville d’une propriété collective est une injustice qui n’est pas mon problème?
Oui mais t’en as quoi à foutre, de l’aérodrome de Collique, veux-tu ben me dire
Oui je veux ben te le dire. La principale faiblesse du district de Collique est son insécurité. 76% des gens n’y vivants pas qui se rendent dans ce coin de la ville disent vivre de l’insécurité. Ceci fait en sorte que les taxis de Lima ne veulent pas se rendre jusque là, que les touristes fuient le coin, que la ville n’investie pas dans l’emménagement de cet arrondissement. Cela veut dire que le facteur de pauvreté augmente en flèche, que 1.1% des habitants de la place n’ont pas de quoi se nourrir et que l’indice de pauvreté est à 22.3%. Donc, l’éducation est moins accessible car le matériel est couteux et les familles nécessitent la main d’œuvre des enfants très tôt. De plus, l’instinct humain poussera les jeunes à se débrouiller comme ils peuvent pour ramener de quoi vivre à la maison et on le sait, la voie facile est la délinquance.
Jusque là, je ne t’apprends rien de la roue infernale de la pauvreté, j’espère. Ben c’est ça. Ce que j’en ai à foutre, de l’aérodrome de Collique que la ville de Lima souhaite vendre alors qu’il n’est même pas sa propriété est le petit de coup de pouce qu’il nécessite. Les habitants du coin doivent se lever, se battre, se défendre pour conserver leurs biens, aussi modestes soient-ils. En tant qu’individu ayant une technique en travail social, en tant qu’ex étudiante qui a vécu la grève contre la hausse des frais de scolarité au Québec, en tant qu’individu possédant un cœur des mains des pieds mais également, une raison, je crois qu’il est normal de s’impliquer au sein d’un mouvement collectif pacifique et d’encourager la population à ne pas laisser les gros souliers shinnés écrabouiller les running shoes usés. Pis après tout, les manifestions des derniers mois au Québec sont une preuve, pour moi, que le peuple a un pouvoir et qu’il peut le faire valoir. Qu’on aura beau dire ce qu’on veut, nous avons une influence, nous possédons une voix, nous nous forgeons une opinion. En tant qu’individu engagée au Québec, je ne peux pas regarder, les bras croisés, les gens se battre ici. Je dois être une agente multiplicatrice, à ma  façon, et contribuer aux changements sociaux.
C’est pour ça que je suis sortie dans la rue liménoise, ce matin, que jai marché aux côtés de milliers de personnes et que j’ai crié. Que la voix qui, il y a deux mois, scandait Gratuité pour l’école, pas pour les monopoles! a scandé ce matin Collique no se vende, Collique se respecta!
C’est pas parce que je suis à ce bout-ci du monde qu’il n’y a pas de conflit de souliers.