lundi 26 novembre 2012

Ampoule au pied pis sourire dans face, ya pu rien qui m'agace.

En ce magnifique dimanche 25 de novembre, jour international de l'élimination de la violence faite aux femmes (ce thème prenant tout son sens ici, en terre péruvienne), nous avons revêtu, le groupe de gringos au complet, notre chandail jaune moutarde et y avons épinglé notre numéro d'identification. À neuf heure, le signal partait; nous nous lancions, parmi les environ 300 autres participants, sur l'avenue Arequipa. 6 kilomètres pour contester contre la violence faite aux femmes.

Cette "carera" organisée par Amnistie Internationale au Pérou tient a rappeler aux citoyens à quel point cette problématique est présente et grave. en effet, une femme meurt à tout les huit heures par manque d'accès aux soins de santé adéquats. Amnistie affirme que la violence envers la femme est une histoire de machisme, oui, mais plus encore; le manque d'institutions de santé pour elles serait également un comportement de violence. En effet, le gouvernement ne respecte pas ses engagements et son peuple; il  ne pallie pas aux besoins de son électorat.

C'est donc avec du manu Chao dans les oreilles, les fourmis dans les pieds et la cause dans le coeur que j'ai parcouru mes six petits kilomètres au trot. Bien satisfaite de mon dimanche!

photo de champions! tous sur le no 1 du podium!!

jeudi 22 novembre 2012

Aborto

Le sujet de l'avortement au Pérou est fragile, délicat.
Le contexte social l'affine, le définie, le détermine. En effet, la culture machiste est un grand facteur influent sur le thème de l'avortement. Selon cette idéologie, la femme est la propriété de l'homme et, par le fait même, sa sexualité lui appartiendrait. Bullshit.

Il est évident que le pays n'est pas près d'aborder le sujet de l'Avortement complet. C'est trop gros, un trop grand coup à donner. Cependant, le taux d'agression au Pérou est impressionnant, et le taux de grossesses en résultant également. En effet, ici au pays une femme sur cinq a déjà souffert de violation sexuelle avant l'âge de 15 ans. De plus, neuf grossesses sur dix chez les jeunes filles du même âge sont le fruit de l'inceste. C'est là qu'apparaît le sujet: ces enfants, victimes d'abus sexuels, ces adolescentes que l'on a violé comme des chien, ces femmes qui se croient appartenir à leur conjoint et de fait, se font régulièrement violées par ceux-ci (une sur dix le vit!), devraient-elles avoir le droit d'avorter ou non? Voici le combat actuel, voici le droit revendiqué.

C'est avec ce titre en tête de page blanche que nous nous présentons, lors d'événements publics, afin de collecter les signatures. Et c'est lors que ces occasions que mon esprit occidental apprend à se taire et pratiquer le contrôle sur soi-même. La réplique dédaigneuse de certains hommes péruviens me coupent les jambes en quatre. Je respecte l'opinion d'être contre l'avortement. Cependant lorsqu'un homme tente de m'enseigner qu'avorter revient à commettre un meurtre, alors que le Pérou est le pays avec le plus au taux au monde de féminicide, j'ai bien envie de sortir mes moins jolis mots d'espagnol et de lui dire qu'un foetus n'a pas pas plus d'âme que lui en a.  Lorsque j'entends que les femmes cherche l'agression en se vêtant de mini-jupe et décolleté, la rage me prend au ventre.

Mais le peuple est motivé; il doit détenir la signature de 0.3% de l'électorat du pays. Il y a un moyen plus court de faire passer le projet de loi; se faire représenter par un congressiste qui défendra le projet et le proposera au congrès. Seulement voilà; parler d'avortement au Pérou semble un suicide professionnel pour tout congressiste qui oserait s'aventurer à défendre une telle idée. Alors, par lâcheté, ce sont les femmes d'organisations sociales qui descendent dans la rue avec leur t-shirt lilas et leur pad en playwood afin de sensibiliser la population sur le thème de l'avortement.
La motivation est belle, ces femmes sont braves. Un jour, le Pérou les entendra.


lundi 19 novembre 2012

Expo Aventura Lima 2012

La deuxième exposition Expo-aventura de Lima se déroula du mercredi 15 novembre au dimanche 18 novembre, au Colisée de Miraflores, à quelques pas de la mer.

Cet événement regroupait de nombreux kiosques tous attrayant aux sports, majoritairement de plein air. L'édifice semblait regrouper toutes les personnes sportives de la ville; y avait pêche, vélo de montagne, slackline, escalade. À travers nous retrouvions plusieurs kiosques de marques européennes et autres, telles National geographic, Merrell, Petzl.

Je n'ai pu y aller que dimanche en après-midi et soirée, bien qu'il y eut des compétitions d'escalade le samedi et le dimanche. Je n'ai assisté qu'aux demies-finales et finales expert féminin et masculin, et en fus bien heureuse. L'organisation était géniale, et les grimpeurs encore davantage. Les pistes étaient incotables; elles me semblaient irréelles. Cependant, l'impossible fût possible l'espace d'un dimanche. Ces hommes et ces  femmes avaient des ventouses aux bouts des doigts; les araignées auraient rougies à les voir grimper. J'ai retenu mon souffle plusieurs huit minutes de suite.

Ce que j'ai vu hier sur cette paroi artificielle m'a tenu au chaud malgré le vent de la mer, l'absence de soleil et mon chandail mince. L'Expo-aventura est comme une brise d'oxygène et de montagne au beau milieu de la capitale du Pérou. C'est un petit quelque chose qui fait un grand bien.


lundi 12 novembre 2012

P.U.T.A.S.

Je me suis récent aperçue que j'utilisais beaucoup ce blogue pour chialer et évacuer mes frustrations sociales et mes intolérances en ce qui attrait à l'éthique de la culture péruvienne. Le thème du machisme et des Piropos (les hommes sifflants ou soulignant, de manière animale, la présence d'une femme dans la rue) est récurent dans mes sujets de montée de lait.
Cependant, il est important de mettre en couleur la marche qui a eu lieu ce samedi 10 novembre, place Bolognesi à Lima, la marche des P.U.T.A.S. Mais qu'est-ce, diront certains.
Le mouvement P.U.T.A.S. (Por Una Transformación Autentica de la Sociedad) a vu le jour au Canada suite à une déclaration de l'officier de police Michael Sanguinetti affirmant que les femmes devraient éviter de se vêtir telles des putes si elles ne veulent pas se faire violer. Ces propos violents ont fait des vagues dans le pays, puis plus loin encore; les gens se sont révoltés contre le machisme évident de cette déclaration et c'est ainsi que le mouvement de la PUTAS es né. Afin de revendiquer la liberté vestimentaire, sexuelle et psychologique des femmes. Qu'aucun prétexte, particulièrement pas celui des vêtements, doit justifier la violence d'un homme envers une femme.
C'est donc dans cet esprit de revendication des droits et surtout, surtout du respect de la femme qu'une couple de centaines de manifestants se sont réunis à Lima, samedi, afin de marcher ensembles et de témoigner de leur désaccord.

Le comportement le plus intolérable du machisme que je soulignai dans mon précédent article était la manière dont les femmes l'acceptaient. Acceptaient cette supériorité masculine, cette dominance acquise, pratiquement due. C'est ce qui m'aberrait le plus. Cependant, grâce à certains événements comme celui de cette fin de semaine, je vois, je crois qu'il y a une force de caractère chez les femmes, et les hommes, chez les Péruviens qui désirent un réel changement, car il y a une certaine population qui descend dans la rue afin de s'y battre. Je constate qu'il y a une part des habitants de cette ville qui ne supporte pas de se faire siffler dans la rue; qu'il y a une part des habitants de cette vile qui ne l'interprète pas comme un compliment, mais bien comme un manque de respect. Et qu'il est possible de changer cette manière de vivre, que nous devons le faire.

J'ai dû être témoin de cette belle preuve de motivation et persévérance que de loin; une jolie gastro me forçait à rester proche de services hygiénique. Cependant, j'ai pris part aux préparatifs, j'ai accompagner les troupes dans leurs démarches et j'ai crié après tous ceux qui m'ont sifflé dans la rue, cette journée-là.
 Le peuple péruvien m'a hautement impressionnée.          



lundi 5 novembre 2012

Huaraz


À quatre jours de congés à la file, peut-on toujours appeler cela une fin de semaine?

Grâce à l’Halloween, la fête des mort par l’occurrence, le jeudi premier novembre fut  férié ici, au Pérou. Nous avons donc profité de l’occasion, comme toujours, pour demander d’avoir en plus le vendredi de congé, afin de quitter un peu les brumes liménoises, en promettant à nos employeurs que nous allions rattraper nos heures de travail samedi prochain, grâce à un événement spécial.
Huaraz me trottait fort dans la tête; cette ville située à 3 100 mètres d'altitudes, magnifiquement coincée  entre la cordillère blanche et la noire. Ses 130 000 habitants sont répartis de manière à ce que l'endroit reste sympathique et accueillant. 
Les gens ont tenté de nous décourager de s'y rendre à ce temps-ci de l'année; il y fait froid, il pleut une grande partie du temps, le trajet de 8h en bus est assommant et l'acclimatation à l'altitude exige beaucoup d'effort en soi. Cependant, ce paradis de montagne n'allait pas resté inexploré; il faudra davantage que de la pluie et quelques heures de transport pour me décourager d'y aller! Aux alentour de cette ville perdue dans les montagnes, se trouvent des sites d'escalade de roches incroyable, vraiment. Alors on a puesto los huevos de fuego et nous y fûmes, à cette vallée habitée. Nous primes le bus de 22h30 le 31 au soir afin d'arriver sur place aux alentours de 6h le jeudi matin, et profiter de toute la journée!
Premier site d'escalade: Chanco
Chanco, à 45 minutes de Huaraz. L'Argentin en action

Tout près de ce spot se situent les bains thermaux de Chanco. S'y détendre les muscles après 9h d'escalade, c'est franchement bien. Surtout au son de la pluie et l'orage qui rage!

Deuxième site d'escalade: Los Olivos
Huaraz, vue de notre paroi d'escalade
Superbe matinée ensoleillée, nous sommes entourés d'immenses plans d'aloès, d'eucalyptus et de cactus. L'endroit est magnifique.
Cependant, le temps se gâta en après-midi; vers 14h, une grêle soudaine s’abattit sur nous, alors que l'Argentin était en pleine voie! Vu du bas, j'étais persuadée que les éclairs lui fendraient le crâne. Finalement il est redescendu sain et sauf, nous nous sommes abrités sous le surplomb d'une piste et avons préparé le maté.

Troisième site d'escalade:  Shupluy
Grimper sur la roche rouge, et au loin, les pics de la cordillère blanche qui se mêlent aux nuages. Ça c'est de la grimpe!
Ce site fût légèrement difficile à atteindre. À vrai dire, le chauffeur de taxi nous a laissé a un endroit inconnu, à l'opposé du village par rapport au site. Nous avons marché dans la mauvaise direction environ deux heures avant de rebrousser chemin et se rendre compte que le site était à l'opposé. Nous avons donc commencé à grimper à 10h, soit deux heures plus tard que prévu (nous nous étions tout de même levés à 5h pour avoir toute la matinée!). Par chance, l'après-midi a été clément avec nous, il n'a plu que une demi heure.
Ce site est incroyable: les voies sont hautes. Grimper sur la roche rouge, les montagnes blanches au loin et rivière sous toi, je te garantis que tu te sens en vie!

Quatrième journée, nous sommes retournés aux Olivos pour ne pas se casser la tête. Le site est à vingt minutes de marche de notre hôtel!
Nous étions crevé mais heureux. Le maté aide toujours à tenir sur pied! Mais aussi réveillé, tout le long du trajet de bus pour revenir à Lima...

Putain qu'on est bien!
Bref, une fin de semaine de rêve.
Pratiquement aucun touriste, personne sur les voies, peu de sommeil et beaucoup d'escalade, les doigts en sang et les épaules grafignées par les pics de cactus, je me suis sentie vivante comme jamais auparavant.
Féérique ce fût!

Finalement,  je ne suis même pas certaine de savoir de quoi Huaraz a l'air...