dimanche 21 avril 2013

Laroles, Alpujarra, Andalucia

Bon.
Franchement, j'ai pas la vie très dure.
Je suis arrivée le 18 avril dans la famille où je "travaille" en échange d'hébergement et de bouffe. Je vis donc dans ce petit, petite village blanc en flanc de colline, très typique d'Andalousie. Ici, on y parle un espagnol sans "s" et on fait sauter le plus de lettre possible dans un mot. Ça donne un résultat artistique, fluide et incompréhensible. 
Malgré les cactus en bord de route, la terre rouge et les herbes sèches, malgré la Méditérannée que l'on peut apercevoir au loin quand ya pas de nuage qui la recouvre, il fait pas si chaud. Bon, d'accord, il fait jamais en bas de 15 degrés, mais ici c'est muy frio. 

Vue du balcon. Au loin sous les nuages entre les collines, c'est la Méditérannée

Hors donc, mes journées sont belles: je nourris 7 chiots, lave le balcon (énorme) derrière eux, je joue à la nounou pour l'enfant de la maison en peignant avec lui, le sortant dans la rue ou en jouant à la wii (inutile de préciser que dans chacune de ces activités, j'ai généralement plus de plaisir que lui) et je promène les deux chiens adultes de la maison dans la montagne, où je peux m'asseoir et écrire le temps qu'il me plait.
Je souhaiterais que cette époque ne se termine jamais; j'adore la famille où je vis, et sa famille à elle. Hier, nous sommes allés à un barbecue chez la mère de la femme de la maison; lle habite dans une de ces typiques maisons andalousienne, fait de roc et de bois, le bas des murs recouvert de céramique marocaine, deux bureaux conçu pour écrire et livre et vivre, une cuisine munie d'un feu de foyer et de deux immense fenêtres ouvrant sur l'Andalousie jusqu'à la mer. Passer un après midi dans ce cotijo à boire du vin local, manger des grillades, du pain frais et du fromage de chèvre, je vous jure ça change du Daal Bhat au coeur de Kathmandu (non pas que je me plaigne; je souligne seulement le contraste). 

la maison de mes rêves avec l'abuelo de la familia (c'tait sa fête t'sais)


Bref, je suis bien. Aujourd'hui, au village on fêtait la Santo-Marco (personne a vraiment pu m'expliquer c'est quoi - tout le monde s'en fout -  mais on a eu de la soupe gratuite, une raison de boire et danser et un show typiquement espagnol). 
Viva Santo-Marco!!

Moi pis l'enfant dont je suis la nounou en anges avec le pain rond de la Santo-Marco

jeudi 18 avril 2013

Granada, je t'aime d'amour


J'aime être assise à cette table banale sur cette place publique, sous le soleil de 13h00. J'aime que le serveur m'apporte mon café en chantant (je suis incapable d'arrêter d'en boire depuis que je suis ici), j'aime sentir le parfum du breuvage chaud trois table avant de recevoir la tasse, j'aime qu'il se mélange à celui des lilas en fleur autour de moi, j'aime à regarder les gens s'Attarder devant le kiosque à journaux à la gauche, entre moi et le rue, j'aime les 30 ou 35 degrés d'air ambiant mais encore plus la petite brise qui se faufile à travers les hauts édifices pour venir m'effleurer les bras, j'aime définitivement l'amertume franche et la finalité sèche de la saveur de mon café.
C'est quand même flippant de constater que je suis exactement là où j'ai envie d'être à faire ce que j'ai envie d'y faire. Que je vis exactement ce à quoi je rêvais depuis quelques années.  

Que je réalise mon rêve, putain.

Granada je t'aime d'amour. Tu es belle sous le soleil  sous tes 30 degrés en avril tu es belle avec tes palmiers en contraste avec les montagnes blanches derrière, tu es belle avec tes tables tes chaises tes parasols sur le trottoir, tu es belle, douce, calme et jolie, je t'aime.


lundi 15 avril 2013

Bye bye!

Je crois avoir vu tout ce que je voulais voir au Népal.
Coup de coeur pour sûr: Ce pays est un bijou.
Si on récapitule:
- trek du camp de base de l'Annapurna (10 jours)
- Retraite de méditation à Vipassana (10 jours)
- Visite du parc National de Chitwan - la jungle quoi - (5 jours)
- Trek culturel autour de Pokhara (5 jours)
- Volontariat dans un  orphelinat (10 jours)
- Festival Holi (1 sacrée journée)
- Trek du camp de base de l'Everest (12 jours)
- Journée de moto
- Figuration dans  un film chinois (2 jours)

Merci à Kathmandu pour ses murs d'escalades, ses temples, ses durbar squares à n'en plus finir, pour son lot de belles personnes, pour son authenticité.
Merci au Népal pour sa culture riche, son climat qui m'est favorable, ses montagnes à se jeter par terre, sa jungle, son thé, ses journées chaudes et ses nuits fraîches, son peuple chaleureux, sa bouffe délicieuse.
J'y suis arrivée le 30 janvier, et je quitte dans quelques heures pour l'Espagne.
De retour dans quelques jours avec de nouvelles aventures!!

Holi fest, Durbar Square, Kathmandu

sur le chemin de l'Everest

dimanche 7 avril 2013

Sagarmatha

Mise à niveau: Sagarmatha, communément appelé Everest, est ce monstre de hauteur (8 847 mètres) surplombant l'Himalaya. À moitié au Népal à moitié au Tibet, cette montagne n'a pas de frontière quant à ce qui est des victimes.

Un pas pire spot que t'as là ma Anne-Ma!


Le 27 mai passé, j'ai pris l'Avion de Kathmandu pour Lukla, cette petite ville touristique à l'origine du sentier menant à l'Everest. 12 jours passés en montagne, loin de tout moteur, stress... et douches.

Je ne décrierai pas ici le trek au complet, vous vous lasseriez de le lire avant la moitié. Cependant,je vous dirai seulement que ce fut une expérience incroyable. J'ai repoussé mes limites au delà de ce que je me croyais capable de faire, j'ai frôlé les glaciers et les déserts en 12 jours, j'ai vécu dans le ventre de l'Himalaya pour vrai. Ça a quelque chose de vertigineux, je vous assure.

"(L'everest) C'est un immense caillou noir que l'on aura échappé par mégarde au milieu d'un jeu de bille. Voilà."
L'Everest n'est pas beau, loin de là. Il jure affreusement avec l'immaculée qui l'entour. Et il enfle, et il enfle avec toutes les histoires, les légendes et les mythes qui le gonflent. Il en impose, ça c'est clair.

Viens pas me dire que ce caillou noir est beau. Non.

En redescendant, j'ai rencontré quelques expéditions qui visaient le sommet. Par exemple, ces deux meilleurs amis d'Argentine, deux hommes frôlant la cinquantaine guides pour l'Aconcagua, la plus haute montagne d'Amérique (ils l'ont grimpé respectivement 59 fois) qui décidaient finalement à se lancer pour l'Everest. J'ai tenté de les prévenir; c'est dangereux, n'y allez pas. En plus, elle est même pas belle, ça vaut pas le détour.
Rien à y faire; les hommes sont lancés pour mai.
À la table d'à côté, un jeune homme du Mexique, 33 ans, s'est joint à la conversation, heureux de discuter en espagnol. Pour sa part, il compte gravir l'Everest en solo côté sud-ouest, soit au Népal, en mi-mai et, dix jours plus tard, entreprendre à nouveau son ascension mais cette fois-ci, du côté du Tibet. Afin d'être bien préparé, il me dit tout bonnement qu'il revient tout juste, il y a deux semaine, d'un Ironman dans son pays. Juste pour l'entraînement, garder la forme, qu'il dit.
Peu de temps après, il y a cette jeune fille qui arrive dans notre tea house avec sa brigade. Nous écoutant parler du sommet (on a passé à l'anglais entre-temps), elle se joint à la conversation. Mélissa, USA, 29 ans, s'est déjà rendue par quatre fois au sommet. En plus, elle est hyper belle.

Bref, ce trek m'a désappointé de tous les côtés; ce qui se présentait pour moi comme l'un des plus grands trips de ma vie s'est relativisé à une simple expérience, un avant goût de ce que pourra être le futur. Moi qui m'engageais vers la plus impressionnante, belle, immense montagne du monde fut désillusionnée face au caillou noir que se révéla être l'Everest.
J'en sors changé, c'est certain.
La question est:
Quelle sera la prochaine montagne?

Un all you can eat sur le top de l'Himalaya, je comprends dont, avec cette altitude-là, c'est impossible de manger!