mercredi 31 octobre 2012

Se faire du bien, vegan-raw version



Une petite recette sympathique qui rajoute de la couleur en mautadit dans ta journée!
Comme je réponds aux personnes qui me demandent comment je me plaîs au Pérou, j'aime bien le pays et je n'éprouve aucune difficulté à vivre à distance de mon pays natal (sur une période de six mois, du moins). Cependant, le niveau le plus difficile est celui de la nourriture; habituée à aimer la bouffe, aimer la préparer, l'inventer, la sentir, la manger, la digérer et utiliser son énergie, je me rends compte à quel point la mal nutrition est néfaste. 
Je ne peux pas dire que je suis mal nourrie: ici, je suis traitée en reine. Cependant, mes repas sont nettement moins équilibrés que ceux que je mangeais au Québec, et je vois clairement les répercutions dans mes loisirs, mon rendement au travail et sur mon moral. 
Ce que l'on mange forge qui nous sommes, et la nourriture est notre vie, c'est indéniable. Ici, ma vie a considérablement changée.
Je vois cette difficulté comme une étape nécessaire à mon adaptation: vivre dans un bidonville de la capitale du Pérou, c'est davantage que marcher dans les déchets, se faire siffler par tout les hommes que l'on croise dans la rue (et même ceux que l'on ne croise pas) et dormir sur un matelas creux: c'est vivre à la manière des gens de la place, avec l'énergie qu'ils ont, les horaires qu'ils ont, les effectifs qu'ils ont. Je crois que c'est une partie importante de l'intégration à une autre culture, bien que ça face mal.

C'est pour cette raison que je me permets, environ une fois par semaine, un petit jus revitalisant! Cette semaine, la recette est plus colorée que jamais. votre sang paraîtra pâlotte à côté de ce jus-là!
- 1 bettrave
- 2 carrottes
- 3 tranches d'ananas
- 1 orange pressée
- 2 pommes

Mettre le tout au malaxeur ou, mieux, à l'extracteur à jus si vous en possédez un. Broyer, tamiser, déguster, faire un vrai plein d'énergie!

** excellent complément aux repas de riz et pommes de terre**



mardi 30 octobre 2012

Que je lis moins – le procès –

Sur un ton plus léger, mesdames et messieurs!

mélange gagnant



Ce que j’aime de ce livre est l’absurdité réaliste que dépeint avec adresse l’auteur Franz Kafka.
En effet, le roman raconte le procès d’un homme, Joseph K, qui se voit arrêté de manière grotesque et inculquer un procès qui semble ardu à mener. Les dialogues, mais particulièrement les endroits où se déroulent les scènes du romans sont d’une absurdité magnifique, et si bien construite qu’on se surprend à y croire. 

Le beau de l’histoire est l’accent sur le processus et non sur la cause; peut-être gâche-je un punch incroyable de l’histoire, mais je le révèle tout de même : tout au long du livre, nous ne saurons jamais pourquoi Monsieur K. se voit imposer ce procès. Pire que ça : passé le premier chapitre, on cesse même de se demander quelle est la cause de cette mise en justice. L’auteur manie l’esprit du lecteur avec habileté. Son principal moyen de manœuvre? L’ambiance du roman, et le personnage principal. Même lui se fait prendre au jeu! Il finit par entrer dans le processus judiciaire et oubli de clamer son innocence dont il oublie finalement l’existence. Franz Kafka nous emporte a un point si haut que la question de savoir s’il est coupable de quelque chose ou non nous importe peu. 

Les questions existentielles camouflées fusent de tous les côtés tout au long du roman; la confiance aveugle qu’a un peuple envers une certaine hiérarchie,  envers le système judiciaire. Pourquoi un personnage, qui nous semble à première vue vrai et sensé, réagit-il avec l’absurdité qui forge les situations dans lesquelles il se retrouve? Quel est la pertinence de se battre pour sa liberté judiciaire alors que le monde entier est emprisonné par des lois incohérentes et oui, absurdes? 

J’ai adoré l’état d’esprit dans lequel je me suis plongée à chaque fois que j’ai ouvert ce livre. Bien qu’à la lecture on puisse trouver quelques longueurs, au final, le lecteur constate que ces bouts qui pouvaient sembler à première vue superflus ont, en réalité, leur raison d’être et sont essentiels à l’histoire.
Un chef d’œuvre bien construit comme je n’en avais pas lu depuis longtemps.


lundi 29 octobre 2012

Pandillaje 2.0

Photo dérobée à La Republica


Suite à quelques recherches, j'ai compris bon nombre de chose. Je souhaite ainsi corriger mon précédent article, durant lequel je me suis méprise sur quelques informations.
L'attaque au mercado de Collique n'était pas une attaque isolée. Il ne s'agissait pas d'une gang de jeune ayant la dale, comme je le croyais au départ.
À vrai dire, le problème est plus grand que ça. Il a une ampleur municipale, une profondeur de justice sociale.
La mairesse de Lima, Susana Villarán, a entrepris plusieurs changement pour la municipalité - afin de marquer son règne, dit-on - dont la construction d'un train électrique afin de favoriser les déplacements des habitants de la capitale. Afin de rendre ce projet possible, quelques changements organisationnels sont nécessaires. Entre autre celui de déménager le marché de La Parada, situé dans le quartier de la Victoria.
Cependant, la stratégie gouvernementale pour fermer ce secteur économique laisse à désirer; ils auraient, selon les dires, installé de gros blocs de ciment aux entrées de marché y interdisant l'accès, du jour au lendemain. Cet endroit est davantage qu'un lieu de vente et d'achat de produits locaux; c'est également la maison de plusieurs individus qui n'ont d'autres place où aller. Et comme ça, un bon matin, ils se voit mis dans la rue, et on leur demande de ne pas réagir?
Bien sûr, qu'il y a eu une émeute. Bien sûr, que ça a mal viré. Deux morts et un cheval de police montée, ainsi que beaucoup de peur et d'arrestation. En tout, 102 individus sont arrêtés pour agressions faites à la police.

L'injustice apparente de cet événement en a laissé plus d'un pantois; c'est pour cette raison, croit-on, que plusieurs pandillajes, ou autres organisations, ont décidé de prendre d'assaut de petits mercados de manière spontanée, un peu partout dans les différents districts de Lima. Afin de manifester leur désaccord avec l'événement du jeudi 25 octobre.

Finalement, ce sont eux, les solidaires.

demain, mardi le 30 octobre, la mairesse rencontrera le Ministre de l'intérieur du Pérou, Wilfredo Pedraza, afin de discuter des récents événements.

Photo dérobée à LaRepublica


samedi 27 octobre 2012

El pandillaje


Vers les dix heures ce matin, alors que je surfais tranquillement sur le bord de la côte liménoise (je dis ça pour le bien de l’histoire, car en vérité, il n’y a rien de tranquille à tenter de surfer!), à Collique, le petit quartier du district de Comas situé au nord de Lima, réputé pour être l’un de ceux où l’insécurité y est tellement dense que palpable, un marché était pris d’assaut.
En effet, je vis sur la rue principale du quartier, avenue Révolución. Environ à sept coins de rues plus bas se trouve le marché; grand, odorant, haut en couleurs, on y trouve de tout. Poulets ouverts du cou aux pattes (il faut étaler l’intérieur de la bête; c’est à l’état de ses organes qu’on analyse la santé du poulet, et par conséquent, le prix) suspendus par l’absence de tête, montagnes précaires de fruits exotiques (et tellement peu cher!), herbes de toutes sortes, vêtements, chaudrons, produits nettoyants et quoi encore. Généralement, je m’y rends quelques fois par semaine afin de trouver l’inspiration (et les effectifs) nécessaires à mes créations juidicieuses (… en tout cas, mes recettes de jus inventées). Ce que j’y crains le plus, en réalité, sont les flaques au sol. On n’arrive jamais très bien à identifier la provenance du liquide en question : sang de poulet? Pipi d’homme/chien/enfants? Eau savonneuse?  Non plus a identifier ce qui y baigne : entrailles en santé? Bout de chien de rue égaré? Vieux légumes/fruits? Restant de diner? Bref, mes préoccupations ne sont pas bien grande et mes craintes se transforment généralement en jeu (allez hop, on saute par-dessus, oh, je vais tenter d’identifier le contenu de cette petite marre! Etc.). Ce matin par contre, ma mère, qui s’en fut au marché vers les dix heures, eut une préoccupation toute autre.
Sa vie en fait. Voila. Elle se promenait parmi quelques centaines de personnes qui se trouvaient au marché ce samedi matin-la, afin d’acheter les produits nécessaires a la confection du diner. Elle hésitait entre pommes de terre ou patate douce quand ils débarquèrent. Environ vingt, selon elle. Vingt ‘jeunes’ (les jeunes du Pérou ont généralement entre 19 et 30 ans) en groupe, armés de revolver et armes blanches. Ils avaient faim et n’avaient aucune intention de payer, apparemment.
Les consommateurs, comme tout le monde, prirent peur en voyant le métal des armes étinceler; on se mit à courir dans tous les sens, a crier. Ma mère échappa son sac de plastique sur le sol, et je me plais a m’imaginer qu’un oignon roula tragiquement sur la terre humide de la place publique pour atterrir au beau milieu d’une flaque de ces liquides douteux. Les jeunes, toujours habillés trop chaudement pour la température (chandail en polard et chemises trop grandes par-dessus alors que le soleil brille et que les gouttes de sueurs tombent), se dispersaient au travers des kiosques en emportant avec eux tout ce qui leur étaient possible d’emporter.
La police ne tarda pas a arrivée; pas très futés les amis, le commissariat est situé en face du marché, de l’autre côté de l’avenue principale. Ils sont donc arrivés rapidement et, étonnant, tous les membres du gang ont réussi à s’échapper. Non pas que j’ai des doutes envers la police péruvienne, jamais je n’oserais croire une telle chose, mais je trouve très étonnant le fait qu’ils n’aient réussi à choper aucun des voleurs…

Je te tente d'affoler personne, au contraire. Je tente seulement de dépeindre une réalité qui nous semble si loin lorsque nous nous baladons dans les rues sherbrookoises ou autres. Et pourtant, cette réalité d'instabilité est présente dans le monde entier.
N’ayez craintes, ma mère se porte à merveille. N’ayez craintes, cela ne se produit habituellement jamais.N'ayez craintes, ils ont bien du se rendre compte que leur stratégie était pourrie, qu'ils devraient, à l'avenir, mieux sélectionner leurs marchés. Papa, Maman, n’ayez craintes, j’étais a deux heures et quart de bus de Collique lorsque l’attaque a eu lieu. Cependant craignez, craignez pour les conditions de vie des habitants de Collique, Comas, Lima, du Pérou. Craignez pour tous ces gens qui ne sont couverts d’aucunes assurances sur toutes les sphères de leur vie. Craignez pour les membres de pandillas (gang) qui sont forcés de voler pour manger. Craignez pour l’avenir de ces petits gars, de ce qu'ils vont devenir. 
Mais craignez pas trop. 

Juste assez pour avoir une conscience sociale mais également dormir le soir.

première image qui sort sur google quand tu cherches avec le titre de mon article


mercredi 24 octobre 2012

“L’or des Incas”


C'est à ça que ça ressemble!

Il m’aura fallu trois mois pour mettre la main sur un de ces fruits frais. Bien sûr, il est disponible partout en poudre, en produits transformés, etc. Cependant, c’est frais que je le veux, alors frais je le trouverai! Et frais, encore là…
Ce fruit m’intriguait car je n’en avais jamais vu de semblable ou même entendu parler. Cependant, depuis mon arrivée au pays, je voyais bon nombre de breuvages, de yogourts, de desserts, de cafés au Lucúma. Bien sûr, j’ai voulu savoir ce que c’était. Impossible d’en trouver au marché de Collique, ni au supermarché où il y a de tout. J’étais intriguée et plus curieuse que jamais. On l’utilise ici comme un édulcorant pour les smoothies, cafés frappés et autres.  Il est impossible à trouver car ce n’est pas sa saison; apparemment qu’on le retrouve sur toutes les tables du marché de janvier à juin. Ironie, je ne suis ici que de juillet à décembre… J’ai donc pris les choses en mains, et me suis rendue à un grand marché du quartier riche de Lima où j’ai finalement déniché le fruit de mes fantasmes… à trois soles le fruit! Aouch. Si peu que cela puisse vous paraître, ici ce 1,15$ est énorme pour un fruit.
Comme plusieurs fruits typiques du Pérou, la Lucúma croisse mieux en haut de 1000 mètres d’altitudes. On la surnomme « l’or des Incas », car un arbre peut produire jusqu’à 500 fruits en une année et ceux-ci sont d’une richesse nutritive incomparable. Pratique!!!


En plus, ça rend heureux.

Les valeurs nutritives du lucúma sont non négligeables. Il contient une source incroyable d’hydrate de carbone complexe, de vitamines et de minéraux. À travers ceux-ci l’on retrouve un haut taux de béta-carotène (ce qui facilite la cicatrisation de blessure, renforcie le système immunitaire, favorise la santé de la peau et réduit les risques de cancer)[1],  de vitamine B3 (soluble dans l’eau, cette vitamine améliore l’apparence de la peau et les cheveux, aide la formation du sang et réduit le taux de cholestérol et aide au bon fonctionnement du système nerveux)[2] et contient également un haut taux de fer (indispensable véhicule de l’oxygène dans tout l’organisme et aide a l’activité des enzymes et protéines), calcium (sel minéral essentiel au bon maintient des dents et os) et phosphore (producteur d’énergie)[3]. [4]

Sa peau est verte et fripée, texture de celle d’un avocat. L’intérieur est jaune orangé et contient un noyau brun qui rappelle, encore une fois, celui de l’avocat. Le fruit peut se manger cru et brut, mais j’avoue ne pas l’apprécier ainsi. Peut-être est-ce car il n’est pas tout à fait frais ou dans sa bonne saison… Néanmoins, je l’ai converti en smoothie avec une banane, pour en apprécier davantage la saveur.
Petit cadeau bonbon, une belle découverte!!!
p'tit jus soleil!
Pour le jus:
- 1 Lucuma
- 1 Banane mure
- De l'eau
Mélanger le tout au mixeur et vous obtiendrez une texture et un goût de pudding au caramel. Surprenant!!!


[1] http://www.guidenutrition.com/anti-oxydants/beta-carotene.htm
[2][2] http://www.guide-vitamines.org/vitamines/vitamine-b3/
[3] http://sante-az.aufeminin.com/w/sante/s558/nutrition/fer.html
[4] http://www.guide-vitamines.org/vitamines/vitamine-b3/

mardi 23 octobre 2012

Noir, por favor!

Est-ce qu'on devine le sujet qui s'en vient?

On ne se cachera pas que les nuits au Pérou ne son pas toujours bonnes, pleines et réparatrice. En effet, cette nuit, le chant du coq m'est apparu plus fort que jamais; tous les chiens de Collique semblaient s'être passé le mot pour hurler à tour de rôle jusqu'au petit matin. La télé des voisins dont le son est nettement perceptible à travers le mur de ripe pressée, est restée allumée afin, on aurait dit, d'alimenter le cri les enfants jusqu'à passer le milieu de la nuit.

Ce matin donc, le café était nécessaire.
Ce qu'il y a de bien au Pérou, c'est qu'il est possible de consommer du café délicieux en provenance de coopérative locale. Ce qu'il y a de mal au Pérou c'est que ce café-là est accessible pratiquement qu'aux étrangers; les péruviens se contentent de ces petits sachets d'écorce de café moulue Nestlé. L'équivalent prévu pour une tasse est étiré à une semaine à raison de trois tasse pas jour. Pas très goûteux, pas très juste, pas très équitable... C'est aberrant de constater que les Péruviens ne jouissent même pas de leurs produits locaux! Que le café local est en grande majorité distribué en Angleterre, au Japon et au États-Unis, alors que le peuple d'ici n'accède qu'à l'écorce, aux résidus du produit! La courte nuit que j'ai passée fini donc par être dure sur le physique, le moral et la morale.

Au sujet de la morale: le café qui embaume actuellement mon bureau provient d'une coopérative affiliée à Cocla. Qu'est-ce que Cocla? Une coopérative créée en 1967 qui a pour finalité de réduire l'exploitation des producteurs de café de la région. Au total, l'organisation œuvre auprès de 7 500 producteurs regroupés en 23 coopératives situées dans la région de Cusco. Cocla appuie, supporte, offre des formations, de l'assistance technique et plus encore aux producteurs membres de celle-ci. De plus, elle achète tout le café produit par les cultivateurs à un prix raisonnable, soit celui de la Bourse du marché de New York. De plus, l'organisation offre toutes sortes de formations et de services pertinents en à-côtés, afin d'améliorer la qualité de vie de sa communauté. Par exemple, elle a mis en place un système de distribution de verre de lait aux enfants des cultivateurs, rend accessible des cours de gestion et de production, sensibilisation aux maladies sexuellement transmissibles, entrepreneuriat familial, auto estime aux femmes membres des coopératives et plus encore.
Mon café gagne en saveur, vous ne trouvez pas? 



Sentez-vous l'odeur?

Cependant, le café n'en est pas moins bon.
J'ai découvert un système d'infusion de café que je ne connaissais pas auparavant: le goutte à goutte. C'est rapide et en résulte un concentré de café que l'on allonge au goût. Au début, je trouvais la saveur incomplète. Par contre, j'y ai rapidement pris goût et aujourd'hui, mon matin est nettement plus doux!


Bon matin!


Plus d'infos? On se gêne pas merci!
http://www.altereco.com/filieres/coop/19.Cocla-cafe.html

jeudi 18 octobre 2012

sweet Wednesday

Il en faut peu pour être heureux, je vous dis!

C'est pas compliqué de se faire plaisir. Suffit de:
- Une botte de coriandre fraîche
- Deux bottes d'épinards frais
- Une mangue
- Un demi concombre immense pelé
- Un peu d'eau
Hop, on met tout ça dans le mélangeur, on le laisse fonctionner plus que nécessaire pour obtenir une texture intéressante. On réserve sur le bord du comptoir et on poursuit en sucrerie.


C'est pour ça que les monstres sont si forts! Ils boivent des jus verts!

Fan de sucre je suis, fan de sucre je resterai à jamais...
 Pour le dessert:
- Environ 100 à 150 grammes de pâte de cacao pure non rôtie
- Cuillères de miel, au goût
- Trois bâtons de cannelle
- Deux litres d'eau
- Lait (au goût: de vache, d'amande, de coco, de soya)
Faire bouillir la cannelle environ dix à quinze minutes. Rajouter la pâte de cacao; brasser constamment. Rajouter le reste des ingrédients en s'assurant que le lait ne monte jamais à ébullition.
Vous verrez apparaître à la surface de votre mélange une petite couche de gras. C'EST NORMAL! C'est que votre cacao est pur; on ne lui a pas retiré son gras pour le vendre séparément et faire le double de profit. Buvez-le avec le chocolat-chaud, c'est délicieux et bon pour vous.



Merci Cocla, Coopérative de café et autres produits (cacao) du Pérou!!

bon appétit!


mercredi 17 octobre 2012

Foro

Lundi, on nous a demandé d'animer une partie du Foro sobre el embarazo adolescente y los derechos sexuales. Public visé; deux cents jeunes des écoles secondaires du district de Comás. Inutile de préciser que ma dernière formation scolaire en lien avec le thème de la sexualité et autres choses connexes remonte à mon propre secondaire.
Nous avons dit oui, car nous n'avions aucune raison de dire non. Eh puis je dois dire que j'étais assez curieuse de voir comment les choses se passeraient. En effet, elles se passèrent de manière assez curieuse.

Premièrement, les activités étaient prévues et réglées aux dix minutes près, le tout devait commencer à 8:00 a.m. sans faute et devait se terminer à 13:00. Les premiers jeunes des collèges environnants arrivèrent aux alentours de 8:30 a.m. et nous avons commencé officiellement l'animation à 9:48 a.m.. Heure péruvienne, quoi.
Nous avons divisé les deux cents personnes présentes en petits groupes de travail afin de favoriser les échanges. Nous avons exécuté une séries d'atelier avec les jeunes afin de démystifier les préjugés, les croyances, les stéréotypes. Ils savaient absolument toutes les réponses; ils n'en étaient pas à leur premier atelier. J'ai donc bifurqué le thème sur: oui, c'est facile de dire que cette affirmation est un mythe. Cependant, les gens autour de vous agissent-ils comme tel?
La réponse était non. Nous avons donc partagé ensemble sur le pouvoir de la femme, la place du machisme, l'égalité des sexes et la difficulté pour quelqu'un d'exercer un métier non-traditionnel. Je dois dire que j'ai été très impressionnée de l'argumentaire des jeunes, et que j'ai beaucoup appris.
Me message le plus important que j'ai retenu est dans l’attitude des élèves: contrairement aux adultes avec lesquels je travaille, ils ne voyaient pas le machisme comme une puissance permanente, comme un règne infini impossible à rompre. Tout à l'inverse, ils sont à l'affût du changement, intéressés par celui-ci, autant adolescents qu'adolescentes.
Dans mon groupe de travail, il y avait cette jeune fille que je savais présidente de son établissement (une grande bannière épinglée sur son petit corps de secondaire 2 le prouvait). Elle était timide et parlait peu lors des échanges. À la fin des exercices, alors que j'échangeais avec les jeunes sur ce qu'ils voudraient faire plus tard, elle déclara qu'elle voulait étudié en science politique. Je l'ai encouragé en disant que j'aimerais bien aussi, et que j'allais d'ailleurs peut-être le faire. On a alors parlé de mon travail ici, et elle m'a interrompu  subitement pour me demander, de but en blanc: Mais qu'est-ce que tu fais ici?
Son regard était sérieux. Il ne me jugeait pas, ne m'enviait pas, ne m'idéalisait pas. Son visage entier exprimait seulement une incompréhension sincère. Elle avait réellement l'air de se demander ce que je faisais là, dans ce Foro de jeunes là, dans ce quartier-là, dans ce pays-là.
Je n'ai alors pas su quoi répondre. Cette manière avec laquelle elle me l'avait demandé m'avait troublée. En vérité, je n'ai pas su quoi répondre. Pourquoi j'étais là?
La vérité est que je me pose la question tous les jours, peut-être pour me rappeler que je suis ici, peut-être afin de ne rien regretter, je n'en sais rien. Cependant le fait reste; je n'ai pas su quoi répondre. J'ai donc enchaîné lamentablement avec le prochain atelier.

Bref, pour en revenir au Foro, ce qu'il y a de beau dans le discours des jeunes est l'espoir, oui. Cependant, il y a plus. Il y a cette capacité à ne pas résigner, à croire au changement. Et ça, c'est quelque chose qui manque cruellement aux adultes.
On a tellement à apprendre, crétins que nous sommes!


Difinition en groupe de l'Homme