dimanche 23 décembre 2012

12/12/12

Nous l'avons choisie, notre date pour le départ au Huayna Potosi!
Si vous googlez ce nom, vous apparaîtra 10 000 agences tenant des propos du genre: la montagne de 6 000 mètres d'altitude la plus facile à gravir! Ouin.
La plus facile ne veut pas dire facile, ne nous y méprenons pas.

Depuis le 30 novembre déjà mon amie est venue me rejoindre au Pérou afin de profiter de mes 17 jours de vacances avec moi. Nous sommes parties de Lima vers le sud, direction Aréquipa. Nous avons pris le chemin du canyon de Colca où nous avons passé trois jours a admirer les Condors et les paysages vastes. Puis, par suite logique, nous avons pris la direction du Puno, où nous sommes allées faire un tour sur les îles et contempler le lac navigable le plus haut au monde, wouhou.

Bref, nous l'avons traversé afin d 'arriver en terre Bolivienne, nous avons demeuré quatre jours à La Paz afin de nous habituer un peu à l'altitude (tout de même, c'est la plus haute capitale au monde, avec ses 3 800 mètres au dessus du niveau de la mer!) et cela, dans le but de s'engager sur la célèbre terreur qu'est le Huayna Potosi.

La Paz

Voilà comment, le 12/12/12 à 9h40, nous embarquions à bord du véhicule de l'agence direction le premier camp de base de dudit monstre de roc. Cette cabane est déjà élevée à 4 640 mètres, d'où nous commençons déjà à ressentir certains symptômes dus  au manque d'oxygène. Nous y avons diner puis digérer, et sommes finalement partis pour un glacier situé au bas de la montagne, à 1h30 de marche.

Nous l'avons atteint avec quelques difficulté; le pas est lent, l'équipement est lourd. En effet, nous nous y rendions afin d'avoir un cours sur les techniques de base de l'alpinisme, car nous n'y connaissions rien. Alors donc nous y voilà, crampons aux pieds piolet à la main le coeur en chamade, prêts à affronter n'importe quoi.
Le cours dura l'après-midi au complet et de rebroussâmes chemin vers le camp avec la tombée de la nuit. Nous y fîmes un feu afin de faire sécher le matériel non imperméable (?!) prêtés par l'agence  et être fins prêt pour le lendemain.



lundi 26 novembre 2012

Ampoule au pied pis sourire dans face, ya pu rien qui m'agace.

En ce magnifique dimanche 25 de novembre, jour international de l'élimination de la violence faite aux femmes (ce thème prenant tout son sens ici, en terre péruvienne), nous avons revêtu, le groupe de gringos au complet, notre chandail jaune moutarde et y avons épinglé notre numéro d'identification. À neuf heure, le signal partait; nous nous lancions, parmi les environ 300 autres participants, sur l'avenue Arequipa. 6 kilomètres pour contester contre la violence faite aux femmes.

Cette "carera" organisée par Amnistie Internationale au Pérou tient a rappeler aux citoyens à quel point cette problématique est présente et grave. en effet, une femme meurt à tout les huit heures par manque d'accès aux soins de santé adéquats. Amnistie affirme que la violence envers la femme est une histoire de machisme, oui, mais plus encore; le manque d'institutions de santé pour elles serait également un comportement de violence. En effet, le gouvernement ne respecte pas ses engagements et son peuple; il  ne pallie pas aux besoins de son électorat.

C'est donc avec du manu Chao dans les oreilles, les fourmis dans les pieds et la cause dans le coeur que j'ai parcouru mes six petits kilomètres au trot. Bien satisfaite de mon dimanche!

photo de champions! tous sur le no 1 du podium!!

jeudi 22 novembre 2012

Aborto

Le sujet de l'avortement au Pérou est fragile, délicat.
Le contexte social l'affine, le définie, le détermine. En effet, la culture machiste est un grand facteur influent sur le thème de l'avortement. Selon cette idéologie, la femme est la propriété de l'homme et, par le fait même, sa sexualité lui appartiendrait. Bullshit.

Il est évident que le pays n'est pas près d'aborder le sujet de l'Avortement complet. C'est trop gros, un trop grand coup à donner. Cependant, le taux d'agression au Pérou est impressionnant, et le taux de grossesses en résultant également. En effet, ici au pays une femme sur cinq a déjà souffert de violation sexuelle avant l'âge de 15 ans. De plus, neuf grossesses sur dix chez les jeunes filles du même âge sont le fruit de l'inceste. C'est là qu'apparaît le sujet: ces enfants, victimes d'abus sexuels, ces adolescentes que l'on a violé comme des chien, ces femmes qui se croient appartenir à leur conjoint et de fait, se font régulièrement violées par ceux-ci (une sur dix le vit!), devraient-elles avoir le droit d'avorter ou non? Voici le combat actuel, voici le droit revendiqué.

C'est avec ce titre en tête de page blanche que nous nous présentons, lors d'événements publics, afin de collecter les signatures. Et c'est lors que ces occasions que mon esprit occidental apprend à se taire et pratiquer le contrôle sur soi-même. La réplique dédaigneuse de certains hommes péruviens me coupent les jambes en quatre. Je respecte l'opinion d'être contre l'avortement. Cependant lorsqu'un homme tente de m'enseigner qu'avorter revient à commettre un meurtre, alors que le Pérou est le pays avec le plus au taux au monde de féminicide, j'ai bien envie de sortir mes moins jolis mots d'espagnol et de lui dire qu'un foetus n'a pas pas plus d'âme que lui en a.  Lorsque j'entends que les femmes cherche l'agression en se vêtant de mini-jupe et décolleté, la rage me prend au ventre.

Mais le peuple est motivé; il doit détenir la signature de 0.3% de l'électorat du pays. Il y a un moyen plus court de faire passer le projet de loi; se faire représenter par un congressiste qui défendra le projet et le proposera au congrès. Seulement voilà; parler d'avortement au Pérou semble un suicide professionnel pour tout congressiste qui oserait s'aventurer à défendre une telle idée. Alors, par lâcheté, ce sont les femmes d'organisations sociales qui descendent dans la rue avec leur t-shirt lilas et leur pad en playwood afin de sensibiliser la population sur le thème de l'avortement.
La motivation est belle, ces femmes sont braves. Un jour, le Pérou les entendra.


lundi 19 novembre 2012

Expo Aventura Lima 2012

La deuxième exposition Expo-aventura de Lima se déroula du mercredi 15 novembre au dimanche 18 novembre, au Colisée de Miraflores, à quelques pas de la mer.

Cet événement regroupait de nombreux kiosques tous attrayant aux sports, majoritairement de plein air. L'édifice semblait regrouper toutes les personnes sportives de la ville; y avait pêche, vélo de montagne, slackline, escalade. À travers nous retrouvions plusieurs kiosques de marques européennes et autres, telles National geographic, Merrell, Petzl.

Je n'ai pu y aller que dimanche en après-midi et soirée, bien qu'il y eut des compétitions d'escalade le samedi et le dimanche. Je n'ai assisté qu'aux demies-finales et finales expert féminin et masculin, et en fus bien heureuse. L'organisation était géniale, et les grimpeurs encore davantage. Les pistes étaient incotables; elles me semblaient irréelles. Cependant, l'impossible fût possible l'espace d'un dimanche. Ces hommes et ces  femmes avaient des ventouses aux bouts des doigts; les araignées auraient rougies à les voir grimper. J'ai retenu mon souffle plusieurs huit minutes de suite.

Ce que j'ai vu hier sur cette paroi artificielle m'a tenu au chaud malgré le vent de la mer, l'absence de soleil et mon chandail mince. L'Expo-aventura est comme une brise d'oxygène et de montagne au beau milieu de la capitale du Pérou. C'est un petit quelque chose qui fait un grand bien.


lundi 12 novembre 2012

P.U.T.A.S.

Je me suis récent aperçue que j'utilisais beaucoup ce blogue pour chialer et évacuer mes frustrations sociales et mes intolérances en ce qui attrait à l'éthique de la culture péruvienne. Le thème du machisme et des Piropos (les hommes sifflants ou soulignant, de manière animale, la présence d'une femme dans la rue) est récurent dans mes sujets de montée de lait.
Cependant, il est important de mettre en couleur la marche qui a eu lieu ce samedi 10 novembre, place Bolognesi à Lima, la marche des P.U.T.A.S. Mais qu'est-ce, diront certains.
Le mouvement P.U.T.A.S. (Por Una Transformación Autentica de la Sociedad) a vu le jour au Canada suite à une déclaration de l'officier de police Michael Sanguinetti affirmant que les femmes devraient éviter de se vêtir telles des putes si elles ne veulent pas se faire violer. Ces propos violents ont fait des vagues dans le pays, puis plus loin encore; les gens se sont révoltés contre le machisme évident de cette déclaration et c'est ainsi que le mouvement de la PUTAS es né. Afin de revendiquer la liberté vestimentaire, sexuelle et psychologique des femmes. Qu'aucun prétexte, particulièrement pas celui des vêtements, doit justifier la violence d'un homme envers une femme.
C'est donc dans cet esprit de revendication des droits et surtout, surtout du respect de la femme qu'une couple de centaines de manifestants se sont réunis à Lima, samedi, afin de marcher ensembles et de témoigner de leur désaccord.

Le comportement le plus intolérable du machisme que je soulignai dans mon précédent article était la manière dont les femmes l'acceptaient. Acceptaient cette supériorité masculine, cette dominance acquise, pratiquement due. C'est ce qui m'aberrait le plus. Cependant, grâce à certains événements comme celui de cette fin de semaine, je vois, je crois qu'il y a une force de caractère chez les femmes, et les hommes, chez les Péruviens qui désirent un réel changement, car il y a une certaine population qui descend dans la rue afin de s'y battre. Je constate qu'il y a une part des habitants de cette ville qui ne supporte pas de se faire siffler dans la rue; qu'il y a une part des habitants de cette vile qui ne l'interprète pas comme un compliment, mais bien comme un manque de respect. Et qu'il est possible de changer cette manière de vivre, que nous devons le faire.

J'ai dû être témoin de cette belle preuve de motivation et persévérance que de loin; une jolie gastro me forçait à rester proche de services hygiénique. Cependant, j'ai pris part aux préparatifs, j'ai accompagner les troupes dans leurs démarches et j'ai crié après tous ceux qui m'ont sifflé dans la rue, cette journée-là.
 Le peuple péruvien m'a hautement impressionnée.          



lundi 5 novembre 2012

Huaraz


À quatre jours de congés à la file, peut-on toujours appeler cela une fin de semaine?

Grâce à l’Halloween, la fête des mort par l’occurrence, le jeudi premier novembre fut  férié ici, au Pérou. Nous avons donc profité de l’occasion, comme toujours, pour demander d’avoir en plus le vendredi de congé, afin de quitter un peu les brumes liménoises, en promettant à nos employeurs que nous allions rattraper nos heures de travail samedi prochain, grâce à un événement spécial.
Huaraz me trottait fort dans la tête; cette ville située à 3 100 mètres d'altitudes, magnifiquement coincée  entre la cordillère blanche et la noire. Ses 130 000 habitants sont répartis de manière à ce que l'endroit reste sympathique et accueillant. 
Les gens ont tenté de nous décourager de s'y rendre à ce temps-ci de l'année; il y fait froid, il pleut une grande partie du temps, le trajet de 8h en bus est assommant et l'acclimatation à l'altitude exige beaucoup d'effort en soi. Cependant, ce paradis de montagne n'allait pas resté inexploré; il faudra davantage que de la pluie et quelques heures de transport pour me décourager d'y aller! Aux alentour de cette ville perdue dans les montagnes, se trouvent des sites d'escalade de roches incroyable, vraiment. Alors on a puesto los huevos de fuego et nous y fûmes, à cette vallée habitée. Nous primes le bus de 22h30 le 31 au soir afin d'arriver sur place aux alentours de 6h le jeudi matin, et profiter de toute la journée!
Premier site d'escalade: Chanco
Chanco, à 45 minutes de Huaraz. L'Argentin en action

Tout près de ce spot se situent les bains thermaux de Chanco. S'y détendre les muscles après 9h d'escalade, c'est franchement bien. Surtout au son de la pluie et l'orage qui rage!

Deuxième site d'escalade: Los Olivos
Huaraz, vue de notre paroi d'escalade
Superbe matinée ensoleillée, nous sommes entourés d'immenses plans d'aloès, d'eucalyptus et de cactus. L'endroit est magnifique.
Cependant, le temps se gâta en après-midi; vers 14h, une grêle soudaine s’abattit sur nous, alors que l'Argentin était en pleine voie! Vu du bas, j'étais persuadée que les éclairs lui fendraient le crâne. Finalement il est redescendu sain et sauf, nous nous sommes abrités sous le surplomb d'une piste et avons préparé le maté.

Troisième site d'escalade:  Shupluy
Grimper sur la roche rouge, et au loin, les pics de la cordillère blanche qui se mêlent aux nuages. Ça c'est de la grimpe!
Ce site fût légèrement difficile à atteindre. À vrai dire, le chauffeur de taxi nous a laissé a un endroit inconnu, à l'opposé du village par rapport au site. Nous avons marché dans la mauvaise direction environ deux heures avant de rebrousser chemin et se rendre compte que le site était à l'opposé. Nous avons donc commencé à grimper à 10h, soit deux heures plus tard que prévu (nous nous étions tout de même levés à 5h pour avoir toute la matinée!). Par chance, l'après-midi a été clément avec nous, il n'a plu que une demi heure.
Ce site est incroyable: les voies sont hautes. Grimper sur la roche rouge, les montagnes blanches au loin et rivière sous toi, je te garantis que tu te sens en vie!

Quatrième journée, nous sommes retournés aux Olivos pour ne pas se casser la tête. Le site est à vingt minutes de marche de notre hôtel!
Nous étions crevé mais heureux. Le maté aide toujours à tenir sur pied! Mais aussi réveillé, tout le long du trajet de bus pour revenir à Lima...

Putain qu'on est bien!
Bref, une fin de semaine de rêve.
Pratiquement aucun touriste, personne sur les voies, peu de sommeil et beaucoup d'escalade, les doigts en sang et les épaules grafignées par les pics de cactus, je me suis sentie vivante comme jamais auparavant.
Féérique ce fût!

Finalement,  je ne suis même pas certaine de savoir de quoi Huaraz a l'air...
 

mercredi 31 octobre 2012

Se faire du bien, vegan-raw version



Une petite recette sympathique qui rajoute de la couleur en mautadit dans ta journée!
Comme je réponds aux personnes qui me demandent comment je me plaîs au Pérou, j'aime bien le pays et je n'éprouve aucune difficulté à vivre à distance de mon pays natal (sur une période de six mois, du moins). Cependant, le niveau le plus difficile est celui de la nourriture; habituée à aimer la bouffe, aimer la préparer, l'inventer, la sentir, la manger, la digérer et utiliser son énergie, je me rends compte à quel point la mal nutrition est néfaste. 
Je ne peux pas dire que je suis mal nourrie: ici, je suis traitée en reine. Cependant, mes repas sont nettement moins équilibrés que ceux que je mangeais au Québec, et je vois clairement les répercutions dans mes loisirs, mon rendement au travail et sur mon moral. 
Ce que l'on mange forge qui nous sommes, et la nourriture est notre vie, c'est indéniable. Ici, ma vie a considérablement changée.
Je vois cette difficulté comme une étape nécessaire à mon adaptation: vivre dans un bidonville de la capitale du Pérou, c'est davantage que marcher dans les déchets, se faire siffler par tout les hommes que l'on croise dans la rue (et même ceux que l'on ne croise pas) et dormir sur un matelas creux: c'est vivre à la manière des gens de la place, avec l'énergie qu'ils ont, les horaires qu'ils ont, les effectifs qu'ils ont. Je crois que c'est une partie importante de l'intégration à une autre culture, bien que ça face mal.

C'est pour cette raison que je me permets, environ une fois par semaine, un petit jus revitalisant! Cette semaine, la recette est plus colorée que jamais. votre sang paraîtra pâlotte à côté de ce jus-là!
- 1 bettrave
- 2 carrottes
- 3 tranches d'ananas
- 1 orange pressée
- 2 pommes

Mettre le tout au malaxeur ou, mieux, à l'extracteur à jus si vous en possédez un. Broyer, tamiser, déguster, faire un vrai plein d'énergie!

** excellent complément aux repas de riz et pommes de terre**



mardi 30 octobre 2012

Que je lis moins – le procès –

Sur un ton plus léger, mesdames et messieurs!

mélange gagnant



Ce que j’aime de ce livre est l’absurdité réaliste que dépeint avec adresse l’auteur Franz Kafka.
En effet, le roman raconte le procès d’un homme, Joseph K, qui se voit arrêté de manière grotesque et inculquer un procès qui semble ardu à mener. Les dialogues, mais particulièrement les endroits où se déroulent les scènes du romans sont d’une absurdité magnifique, et si bien construite qu’on se surprend à y croire. 

Le beau de l’histoire est l’accent sur le processus et non sur la cause; peut-être gâche-je un punch incroyable de l’histoire, mais je le révèle tout de même : tout au long du livre, nous ne saurons jamais pourquoi Monsieur K. se voit imposer ce procès. Pire que ça : passé le premier chapitre, on cesse même de se demander quelle est la cause de cette mise en justice. L’auteur manie l’esprit du lecteur avec habileté. Son principal moyen de manœuvre? L’ambiance du roman, et le personnage principal. Même lui se fait prendre au jeu! Il finit par entrer dans le processus judiciaire et oubli de clamer son innocence dont il oublie finalement l’existence. Franz Kafka nous emporte a un point si haut que la question de savoir s’il est coupable de quelque chose ou non nous importe peu. 

Les questions existentielles camouflées fusent de tous les côtés tout au long du roman; la confiance aveugle qu’a un peuple envers une certaine hiérarchie,  envers le système judiciaire. Pourquoi un personnage, qui nous semble à première vue vrai et sensé, réagit-il avec l’absurdité qui forge les situations dans lesquelles il se retrouve? Quel est la pertinence de se battre pour sa liberté judiciaire alors que le monde entier est emprisonné par des lois incohérentes et oui, absurdes? 

J’ai adoré l’état d’esprit dans lequel je me suis plongée à chaque fois que j’ai ouvert ce livre. Bien qu’à la lecture on puisse trouver quelques longueurs, au final, le lecteur constate que ces bouts qui pouvaient sembler à première vue superflus ont, en réalité, leur raison d’être et sont essentiels à l’histoire.
Un chef d’œuvre bien construit comme je n’en avais pas lu depuis longtemps.


lundi 29 octobre 2012

Pandillaje 2.0

Photo dérobée à La Republica


Suite à quelques recherches, j'ai compris bon nombre de chose. Je souhaite ainsi corriger mon précédent article, durant lequel je me suis méprise sur quelques informations.
L'attaque au mercado de Collique n'était pas une attaque isolée. Il ne s'agissait pas d'une gang de jeune ayant la dale, comme je le croyais au départ.
À vrai dire, le problème est plus grand que ça. Il a une ampleur municipale, une profondeur de justice sociale.
La mairesse de Lima, Susana Villarán, a entrepris plusieurs changement pour la municipalité - afin de marquer son règne, dit-on - dont la construction d'un train électrique afin de favoriser les déplacements des habitants de la capitale. Afin de rendre ce projet possible, quelques changements organisationnels sont nécessaires. Entre autre celui de déménager le marché de La Parada, situé dans le quartier de la Victoria.
Cependant, la stratégie gouvernementale pour fermer ce secteur économique laisse à désirer; ils auraient, selon les dires, installé de gros blocs de ciment aux entrées de marché y interdisant l'accès, du jour au lendemain. Cet endroit est davantage qu'un lieu de vente et d'achat de produits locaux; c'est également la maison de plusieurs individus qui n'ont d'autres place où aller. Et comme ça, un bon matin, ils se voit mis dans la rue, et on leur demande de ne pas réagir?
Bien sûr, qu'il y a eu une émeute. Bien sûr, que ça a mal viré. Deux morts et un cheval de police montée, ainsi que beaucoup de peur et d'arrestation. En tout, 102 individus sont arrêtés pour agressions faites à la police.

L'injustice apparente de cet événement en a laissé plus d'un pantois; c'est pour cette raison, croit-on, que plusieurs pandillajes, ou autres organisations, ont décidé de prendre d'assaut de petits mercados de manière spontanée, un peu partout dans les différents districts de Lima. Afin de manifester leur désaccord avec l'événement du jeudi 25 octobre.

Finalement, ce sont eux, les solidaires.

demain, mardi le 30 octobre, la mairesse rencontrera le Ministre de l'intérieur du Pérou, Wilfredo Pedraza, afin de discuter des récents événements.

Photo dérobée à LaRepublica


samedi 27 octobre 2012

El pandillaje


Vers les dix heures ce matin, alors que je surfais tranquillement sur le bord de la côte liménoise (je dis ça pour le bien de l’histoire, car en vérité, il n’y a rien de tranquille à tenter de surfer!), à Collique, le petit quartier du district de Comas situé au nord de Lima, réputé pour être l’un de ceux où l’insécurité y est tellement dense que palpable, un marché était pris d’assaut.
En effet, je vis sur la rue principale du quartier, avenue Révolución. Environ à sept coins de rues plus bas se trouve le marché; grand, odorant, haut en couleurs, on y trouve de tout. Poulets ouverts du cou aux pattes (il faut étaler l’intérieur de la bête; c’est à l’état de ses organes qu’on analyse la santé du poulet, et par conséquent, le prix) suspendus par l’absence de tête, montagnes précaires de fruits exotiques (et tellement peu cher!), herbes de toutes sortes, vêtements, chaudrons, produits nettoyants et quoi encore. Généralement, je m’y rends quelques fois par semaine afin de trouver l’inspiration (et les effectifs) nécessaires à mes créations juidicieuses (… en tout cas, mes recettes de jus inventées). Ce que j’y crains le plus, en réalité, sont les flaques au sol. On n’arrive jamais très bien à identifier la provenance du liquide en question : sang de poulet? Pipi d’homme/chien/enfants? Eau savonneuse?  Non plus a identifier ce qui y baigne : entrailles en santé? Bout de chien de rue égaré? Vieux légumes/fruits? Restant de diner? Bref, mes préoccupations ne sont pas bien grande et mes craintes se transforment généralement en jeu (allez hop, on saute par-dessus, oh, je vais tenter d’identifier le contenu de cette petite marre! Etc.). Ce matin par contre, ma mère, qui s’en fut au marché vers les dix heures, eut une préoccupation toute autre.
Sa vie en fait. Voila. Elle se promenait parmi quelques centaines de personnes qui se trouvaient au marché ce samedi matin-la, afin d’acheter les produits nécessaires a la confection du diner. Elle hésitait entre pommes de terre ou patate douce quand ils débarquèrent. Environ vingt, selon elle. Vingt ‘jeunes’ (les jeunes du Pérou ont généralement entre 19 et 30 ans) en groupe, armés de revolver et armes blanches. Ils avaient faim et n’avaient aucune intention de payer, apparemment.
Les consommateurs, comme tout le monde, prirent peur en voyant le métal des armes étinceler; on se mit à courir dans tous les sens, a crier. Ma mère échappa son sac de plastique sur le sol, et je me plais a m’imaginer qu’un oignon roula tragiquement sur la terre humide de la place publique pour atterrir au beau milieu d’une flaque de ces liquides douteux. Les jeunes, toujours habillés trop chaudement pour la température (chandail en polard et chemises trop grandes par-dessus alors que le soleil brille et que les gouttes de sueurs tombent), se dispersaient au travers des kiosques en emportant avec eux tout ce qui leur étaient possible d’emporter.
La police ne tarda pas a arrivée; pas très futés les amis, le commissariat est situé en face du marché, de l’autre côté de l’avenue principale. Ils sont donc arrivés rapidement et, étonnant, tous les membres du gang ont réussi à s’échapper. Non pas que j’ai des doutes envers la police péruvienne, jamais je n’oserais croire une telle chose, mais je trouve très étonnant le fait qu’ils n’aient réussi à choper aucun des voleurs…

Je te tente d'affoler personne, au contraire. Je tente seulement de dépeindre une réalité qui nous semble si loin lorsque nous nous baladons dans les rues sherbrookoises ou autres. Et pourtant, cette réalité d'instabilité est présente dans le monde entier.
N’ayez craintes, ma mère se porte à merveille. N’ayez craintes, cela ne se produit habituellement jamais.N'ayez craintes, ils ont bien du se rendre compte que leur stratégie était pourrie, qu'ils devraient, à l'avenir, mieux sélectionner leurs marchés. Papa, Maman, n’ayez craintes, j’étais a deux heures et quart de bus de Collique lorsque l’attaque a eu lieu. Cependant craignez, craignez pour les conditions de vie des habitants de Collique, Comas, Lima, du Pérou. Craignez pour tous ces gens qui ne sont couverts d’aucunes assurances sur toutes les sphères de leur vie. Craignez pour les membres de pandillas (gang) qui sont forcés de voler pour manger. Craignez pour l’avenir de ces petits gars, de ce qu'ils vont devenir. 
Mais craignez pas trop. 

Juste assez pour avoir une conscience sociale mais également dormir le soir.

première image qui sort sur google quand tu cherches avec le titre de mon article


mercredi 24 octobre 2012

“L’or des Incas”


C'est à ça que ça ressemble!

Il m’aura fallu trois mois pour mettre la main sur un de ces fruits frais. Bien sûr, il est disponible partout en poudre, en produits transformés, etc. Cependant, c’est frais que je le veux, alors frais je le trouverai! Et frais, encore là…
Ce fruit m’intriguait car je n’en avais jamais vu de semblable ou même entendu parler. Cependant, depuis mon arrivée au pays, je voyais bon nombre de breuvages, de yogourts, de desserts, de cafés au Lucúma. Bien sûr, j’ai voulu savoir ce que c’était. Impossible d’en trouver au marché de Collique, ni au supermarché où il y a de tout. J’étais intriguée et plus curieuse que jamais. On l’utilise ici comme un édulcorant pour les smoothies, cafés frappés et autres.  Il est impossible à trouver car ce n’est pas sa saison; apparemment qu’on le retrouve sur toutes les tables du marché de janvier à juin. Ironie, je ne suis ici que de juillet à décembre… J’ai donc pris les choses en mains, et me suis rendue à un grand marché du quartier riche de Lima où j’ai finalement déniché le fruit de mes fantasmes… à trois soles le fruit! Aouch. Si peu que cela puisse vous paraître, ici ce 1,15$ est énorme pour un fruit.
Comme plusieurs fruits typiques du Pérou, la Lucúma croisse mieux en haut de 1000 mètres d’altitudes. On la surnomme « l’or des Incas », car un arbre peut produire jusqu’à 500 fruits en une année et ceux-ci sont d’une richesse nutritive incomparable. Pratique!!!


En plus, ça rend heureux.

Les valeurs nutritives du lucúma sont non négligeables. Il contient une source incroyable d’hydrate de carbone complexe, de vitamines et de minéraux. À travers ceux-ci l’on retrouve un haut taux de béta-carotène (ce qui facilite la cicatrisation de blessure, renforcie le système immunitaire, favorise la santé de la peau et réduit les risques de cancer)[1],  de vitamine B3 (soluble dans l’eau, cette vitamine améliore l’apparence de la peau et les cheveux, aide la formation du sang et réduit le taux de cholestérol et aide au bon fonctionnement du système nerveux)[2] et contient également un haut taux de fer (indispensable véhicule de l’oxygène dans tout l’organisme et aide a l’activité des enzymes et protéines), calcium (sel minéral essentiel au bon maintient des dents et os) et phosphore (producteur d’énergie)[3]. [4]

Sa peau est verte et fripée, texture de celle d’un avocat. L’intérieur est jaune orangé et contient un noyau brun qui rappelle, encore une fois, celui de l’avocat. Le fruit peut se manger cru et brut, mais j’avoue ne pas l’apprécier ainsi. Peut-être est-ce car il n’est pas tout à fait frais ou dans sa bonne saison… Néanmoins, je l’ai converti en smoothie avec une banane, pour en apprécier davantage la saveur.
Petit cadeau bonbon, une belle découverte!!!
p'tit jus soleil!
Pour le jus:
- 1 Lucuma
- 1 Banane mure
- De l'eau
Mélanger le tout au mixeur et vous obtiendrez une texture et un goût de pudding au caramel. Surprenant!!!


[1] http://www.guidenutrition.com/anti-oxydants/beta-carotene.htm
[2][2] http://www.guide-vitamines.org/vitamines/vitamine-b3/
[3] http://sante-az.aufeminin.com/w/sante/s558/nutrition/fer.html
[4] http://www.guide-vitamines.org/vitamines/vitamine-b3/