Le sujet de l'avortement au Pérou est fragile, délicat.
Le contexte social l'affine, le définie, le détermine. En effet, la culture machiste est un grand facteur influent sur le thème de l'avortement. Selon cette idéologie, la femme est la propriété de l'homme et, par le fait même, sa sexualité lui appartiendrait. Bullshit.
Il est évident que le pays n'est pas près d'aborder le sujet de l'Avortement complet. C'est trop gros, un trop grand coup à donner. Cependant, le taux d'agression au Pérou est impressionnant, et le taux de grossesses en résultant également. En effet, ici au pays une femme sur cinq a déjà souffert de violation sexuelle avant l'âge de 15 ans. De plus, neuf grossesses sur dix chez les jeunes filles du même âge sont le fruit de l'inceste. C'est là qu'apparaît le sujet: ces enfants, victimes d'abus sexuels, ces adolescentes que l'on a violé comme des chien, ces femmes qui se croient appartenir à leur conjoint et de fait, se font régulièrement violées par ceux-ci (une sur dix le vit!), devraient-elles avoir le droit d'avorter ou non? Voici le combat actuel, voici le droit revendiqué.
C'est avec ce titre en tête de page blanche que nous nous présentons, lors d'événements publics, afin de collecter les signatures. Et c'est lors que ces occasions que mon esprit occidental apprend à se taire et pratiquer le contrôle sur soi-même. La réplique dédaigneuse de certains hommes péruviens me coupent les jambes en quatre. Je respecte l'opinion d'être contre l'avortement. Cependant lorsqu'un homme tente de m'enseigner qu'avorter revient à commettre un meurtre, alors que le Pérou est le pays avec le plus au taux au monde de féminicide, j'ai bien envie de sortir mes moins jolis mots d'espagnol et de lui dire qu'un foetus n'a pas pas plus d'âme que lui en a. Lorsque j'entends que les femmes cherche l'agression en se vêtant de mini-jupe et décolleté, la rage me prend au ventre.
Mais le peuple est motivé; il doit détenir la signature de 0.3% de l'électorat du pays. Il y a un moyen plus court de faire passer le projet de loi; se faire représenter par un congressiste qui défendra le projet et le proposera au congrès. Seulement voilà; parler d'avortement au Pérou semble un suicide professionnel pour tout congressiste qui oserait s'aventurer à défendre une telle idée. Alors, par lâcheté, ce sont les femmes d'organisations sociales qui descendent dans la rue avec leur t-shirt lilas et leur pad en playwood afin de sensibiliser la population sur le thème de l'avortement.
La motivation est belle, ces femmes sont braves. Un jour, le Pérou les entendra.
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