mardi 30 octobre 2012

Que je lis moins – le procès –

Sur un ton plus léger, mesdames et messieurs!

mélange gagnant



Ce que j’aime de ce livre est l’absurdité réaliste que dépeint avec adresse l’auteur Franz Kafka.
En effet, le roman raconte le procès d’un homme, Joseph K, qui se voit arrêté de manière grotesque et inculquer un procès qui semble ardu à mener. Les dialogues, mais particulièrement les endroits où se déroulent les scènes du romans sont d’une absurdité magnifique, et si bien construite qu’on se surprend à y croire. 

Le beau de l’histoire est l’accent sur le processus et non sur la cause; peut-être gâche-je un punch incroyable de l’histoire, mais je le révèle tout de même : tout au long du livre, nous ne saurons jamais pourquoi Monsieur K. se voit imposer ce procès. Pire que ça : passé le premier chapitre, on cesse même de se demander quelle est la cause de cette mise en justice. L’auteur manie l’esprit du lecteur avec habileté. Son principal moyen de manœuvre? L’ambiance du roman, et le personnage principal. Même lui se fait prendre au jeu! Il finit par entrer dans le processus judiciaire et oubli de clamer son innocence dont il oublie finalement l’existence. Franz Kafka nous emporte a un point si haut que la question de savoir s’il est coupable de quelque chose ou non nous importe peu. 

Les questions existentielles camouflées fusent de tous les côtés tout au long du roman; la confiance aveugle qu’a un peuple envers une certaine hiérarchie,  envers le système judiciaire. Pourquoi un personnage, qui nous semble à première vue vrai et sensé, réagit-il avec l’absurdité qui forge les situations dans lesquelles il se retrouve? Quel est la pertinence de se battre pour sa liberté judiciaire alors que le monde entier est emprisonné par des lois incohérentes et oui, absurdes? 

J’ai adoré l’état d’esprit dans lequel je me suis plongée à chaque fois que j’ai ouvert ce livre. Bien qu’à la lecture on puisse trouver quelques longueurs, au final, le lecteur constate que ces bouts qui pouvaient sembler à première vue superflus ont, en réalité, leur raison d’être et sont essentiels à l’histoire.
Un chef d’œuvre bien construit comme je n’en avais pas lu depuis longtemps.


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