| mélange gagnant |
Ce que j’aime de ce livre est l’absurdité
réaliste que dépeint avec adresse l’auteur Franz Kafka.
En effet, le roman raconte le
procès d’un homme, Joseph K, qui se voit arrêté de manière grotesque et
inculquer un procès qui semble ardu à mener. Les dialogues, mais
particulièrement les endroits où se déroulent les scènes du romans sont d’une
absurdité magnifique, et si bien construite qu’on se surprend à y croire.
Le beau de l’histoire est l’accent
sur le processus et non sur la cause; peut-être gâche-je un punch incroyable de
l’histoire, mais je le révèle tout de même : tout au long du livre, nous
ne saurons jamais pourquoi Monsieur K. se voit imposer ce procès. Pire que ça :
passé le premier chapitre, on cesse même de se demander quelle est la cause de
cette mise en justice. L’auteur manie l’esprit du lecteur avec habileté. Son
principal moyen de manœuvre? L’ambiance du roman, et le personnage principal.
Même lui se fait prendre au jeu! Il finit par entrer dans le processus
judiciaire et oubli de clamer son innocence dont il oublie finalement l’existence.
Franz Kafka nous emporte a un point si haut que la question de savoir s’il est
coupable de quelque chose ou non nous importe peu.
Les questions existentielles camouflées
fusent de tous les côtés tout au long du roman; la confiance aveugle qu’a un
peuple envers une certaine hiérarchie, envers
le système judiciaire. Pourquoi un personnage, qui nous semble à première vue
vrai et sensé, réagit-il avec l’absurdité qui forge les situations dans
lesquelles il se retrouve? Quel est la pertinence de se battre pour sa liberté
judiciaire alors que le monde entier est emprisonné par des lois incohérentes
et oui, absurdes?
J’ai adoré l’état d’esprit dans
lequel je me suis plongée à chaque fois que j’ai ouvert ce livre. Bien qu’à la
lecture on puisse trouver quelques longueurs, au final, le lecteur constate que
ces bouts qui pouvaient sembler à première vue superflus ont, en réalité, leur
raison d’être et sont essentiels à l’histoire.
Un chef d’œuvre bien construit
comme je n’en avais pas lu depuis longtemps.
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