Lâcher prise.
C’est pas parce que le sommet du monde est sous mes pieds que je peux ne pas chercher à aller plus haut. Les rivières soulent sans se dire qu’elles sont les premières à le faire. Les églises se construisent sans se dire qu’il en existe de plus grandes. Les oiseaux volent sans se préoccuper des avions.
Lâcher prise, lâcher prise.
Comme des millions de peuples l’ont fait avant moi. Des millions de peuple, en commençant par celui Inca. « C’est cela qui les aura mené à leur perte » dira-t-on. Le truc, c’est que le peuple inca n’est pas perdu. Oui, certes, il a réagi avec passivité à l’envahissement des Espagnols. Oui, certes, peut-être s’est-il laissé marcher sur les pieds. Pourtant, aujourd’hui encore, il possède des pieds embottinés. Il este fort malgré tout, malgré le poids du monde sur ses épaules, malgré sa langue que l’on tente de taire malgré le vent des montagnes qui fouette son visage et le froid de l’altitude qui gerce ses joues. Il este droit malgré les minières malgré l’invasion publicitaire malgré sa commercialisation malgré sa prostitution touristique, fourrer une barre de fer où est le plaisir, on s’u fait mal, on s’y heurte, on se tanne et elle, elle reste là. Vivante et meurtrie et vivante.
Lâcher prise est une chose. Choisir son combat en est une autre.