mercredi 26 septembre 2012

que les rues autour de moi sont moins occupées


Je ne sais pas d'où provient ce vent de changement mais il souffle fort, vraiment. Partout dans le monde, ils y a des soulèvements massifs. Comme un vent de courage qui pompe le coeur des gens et qui inspire au changement.
Comme la plus part d'entre vous le savez, mon mandat, initialement, était pour le Mali. cinq mois passés au Mali à intervenir auprès d'une communauté pour chercher des alternatives à la production massive de charbon qui nuit grandement et à la santé de ceux qui la pratique, et à la santé des forêts rasées.
Seulement voilà, deux jours après mon retour du Mali, un renversement d'état a éclaté et le pays fût automatiquement en état de crise. Impossible donc d'y envoyer quelques Canadiens bien mindés. Nous fûmes donc redirigés dans cet immense pays culturel qu'est le Pérou.
Voilà. J'ai mis pieds en Amérique Latine le 2 juillet 2012 et le 3 juillet, une manifestation bloquait la rue de mon petit hôtel. Parce qu'au Nord, dans certaines villes comme Cajamarca, des problèmes de compagnies minières se réveillent. Non pas que ce soit une situation particulière; celle-ci s'est déjà présentée auparavant. L'exploitation minière est une source considérable de revenus pour l'État; celui-ci valorise donc son activité. Cependant, celle-ci est parfois faite en dépit de certaines communautés rurales.
En effet, dans la région de Cajamarca, une compagnie minière tente de s'installer en montagne, car le sol de celle-ci est extrêmement riche et propice à l'exploitation. Cependant, cette minière devra installer sa machinerie sur le dessus de la montagne, dans l'endroit qui sert actuellement de réservoir d'eau naturel pour le village vivant en contre-bas. La compagnie promet de créer un réservoir artificiel en flan de montagne pour que les villageois puissent avoir accès à leurs droits à l'eau; ceci dit, les promesses d'ici sont aussi sûres que celle du Québec. De toute manière, même si celle-ci était respectée, les villageois auraient de l'eau domestique, mais leurs champs ne seraient plus approvisionnés en eau et ne seraient plus fructueux, donc cela réduirait l'indépendance économique du village et celui-ci, éventuellement, serait obligé de se conformé à son voisin plus gros pour survivre.
Seulement voilà, le village en question à refusé les souliers lustrés sur ses bottines. Vaillamment, ils sont sortis dans les rues pour manifester contre cette injustice monstre. Cela crée de nombreux danger pour les touristes car un fort moyen de pression utilisé par les militants est de bloquer l'accès aux sites touristiques. Ceux-ci suivent de près la production minière dans le rendement économique du pays, ce moyen de pression est donc ingénieux. Who's care du matchu picchu quand un village du nord se bat pour sa survie, pour son identité, pour son intégrité?
Moi je dis vive les bottines vaillantes et le bon maintient de l'humanité.
C'est pas parce que je suis ici que les rues autour de moi sont moins occupées, ça non.

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