Cinq kilomètres, ça n’use pas grands souliers. Cependant,
cinq kilomètres marchés par quelques centaines de personnes, ça use un pavé. Ce
matin, nous étions environ 300 à courir un petit « marathon » (ici,
tout ce qui nécessite un chandail particulier et une ligne d’arrivée est nommé
marathon) en soutien à une cause universelle, le syndrome down. En effet, la
trisomie 21 est présente partout dans le monde. En 2009, lorsque je travaillais
dans une maison de répits pour personnes handicapées, j’étais loin de me douter
que trois ans plus tard, j’allais courir au Pérou parmi des jeunes comme ceux
avec lesquels je travaillais. Bon, la peau est un peu plus foncée, mais la
différence est à peine notable. Outre cela, les jeunes sont pareils, comme une
identité propre, peu importe où l’on se trouve sur la planète.
Je me suis inscrite à la course en début de semaine, en le
voyant comme un défi personnel et une belle action. J’y ai repensé toute la
semaine en me disant : « voyons, tu n’es pas prête, tu ne t’es
pas entraînée depuis que tu es au Pérou, l’air est tellement différent,
tellement polluée, tu vas souffrir! Et puis tu n’as même pas tes souliers! »
Voilà pourquoi, en position de départ, je me suis placée à la toute fin et,
sans m’en apercevoir, m’étais mise juste avant les mamans et leurs poucettes.
Une fois la détonation sonnée, j’ai slalomé entre les papas et leurs enfants,
entre les vélos roses d’enfants, entre les jeunes adolescentes en patins à
roues alignées jusqu’à la ligne des jeunes de ma catégorie d’âge, tous
écouteurs sur les oreilles. Je voyais à l’avant la rangée des joueurs de soccer
au cardio d’enfer, aux rares Péruviens avec des jambes plus grandes que mon
corps entier et finalement, au loin je voyais la ligne de crinqués qui se démenaient en grand. J’avais pour seul
objectif de le faire en entier à la course; bien petit objectif, mais avec les
conditions d’ici, je me suis montrée indulgente envers moi-même.
Je ne dévoilerai pas mon temps de course, je souhaite que
vous regarder encore dans les yeux la prochaine fois que nous nous verrons.
Cependant, je peux affirmé que je possède un magnifique médaille de
participation en main et que j’ai éprouvé un sentiment d’appartenance fort en
voyant les grandes bouches aux petites lèvres minces et aux joues gonflées des
jeunes lors de cette journée prévue en leur honneur. Parce que cette
innocence-trésor que possèdent les jeunes personnes trisomiques est une des
plus belles choses de la terre et ça, il n’y a aucun médicament pour le faire
taire. Psdg.org.pe
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire